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Private equity: 325 millions de dollars pour entente aux US

Après trois confrères, KKR, Blackstone et TPG ont accepté de payer une amende pour solder à l'amiable des accusations d'entente. Le private equity pourrait adopter cette attitude conciliante dans ses discussions avec le régulateur.
KKR-Blackstone-TPG
KKR-Blackstone-TPG

Les banques ne sont pas les seules à faire l'objet de sanctions financières de la justice américaine, même si les montants en jeu ne sont pas aussi colossaux. Les fonds de private equity KKR, Blackstone et TPG viennent ainsi de signer un accord afin de régler à l'amiable un procès pour entente, et ont accepté de payer un total de 325 millions de dollars.

Le dossier n'est pas récent puisqu'à la demande de fonds de pension et d'investisseurs individuels, la justice américaine avait ouvert une enquête en 2007 sur les pratiques des grands fonds de private equity, et avait poursuivi sept acteurs du marché. Elle les accusait de s'être mis en contact pendant les négociations sur des méga deals et d'avoir noué des accords afin de réduire la concurrence et de faire baisser les prix, en ne présentant qu'une seule offre de rachat commune, sous forme de "club deals". L'instruction concernait notamment le rachat de Freescale Semiconductors pour 17,6 milliards de dollars en 2006, celui du groupe d'hôpitaux HCA pour 33 milliards la même année, ou encore celui du producteur d'électricité TXU pour 44 milliards de dollars en 2007, qui vient de tomber sous le régime des faillites aux Etats-Unis au printemps dernier.

Ironiquement, les fonds avaient jusqu'à aujourd'hui choisi de se défendre de cette accusation commune séparément, ce qui peut donner une idée de leur degré de proximité. En juin dernier, Bain Capital et Goldman Sachs ont accepté de s'acquitter respectivement de 54 et 67 millions de dollars, suivis le mois suivant par Silver Lake, qui a signé un chèque de 30 millions de dollars. Les trois fonds sont aujourd'hui plus lourdement sanctionnés, mais bien moins que ce que réclamaient les demandeurs, car grâce à une défense vigoureuse, ils ont réussi à réduire le champ de cette accusation.

Reste Carlyle, qui refuse obstinément de pactiser avec la justice américaine. Le fonds emmené par David Rubenstein pourrait risquer plus gros si le procès a lieu, en raison de l'existence des dommages et intérêts punitifs aux Etats-Unis. Mais il se pourrait aussi qu'il conteste les accords amiables signés par ses confrères, et les faire tomber. Ce qui serait de loin la meilleure preuve d'une concurrence sans merci dans le monde feutré du non coté.

En acceptant de solder ces litiges, certes pour s'épargner un long et coûteux procès, les grands pontes du private equity américain montrent en tout cas qu'ils sont prêts au compromis, même s'ils n'ont jamais reconnu des pratiques d'entente. C'est un comportement qu'ils pourraient répliquer dans le cadre de l'enquête sur leurs commissions, menée par les pouvoirs publics cette fois-ci. Dans un environnement où les acteurs financiers sont de plus en plus étroitement contrôlés, le private equity a jusqu'à présent été assez épargné, mais va devoir répondre des structures de fees qu'il prélève et surtout donner des gages de transparence à ses Limited Partners. Une chose est sûre en tout cas: pour un lobbying plus efficace, il vaudrait mieux dans ce cas-ci qu'ils défendent leurs intérêts ensemble.


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