La panne de crédit, principal facteur de la déprime européenne ?
Aux Etats-Unis, la croissance devrait atteindre 2,1% cette année, contre -0,8% en zone euro. La panne de crédit dans le Vieux Continent pourrait en partie expliquer ce différentiel de PIB.
Les bonnes nouvelles pleuvent sur les Etats-Unis tandis que les nuages s'amoncellent au dessus de la zone euro. Cet après-midi les autorités américaines ont dévoilé les chiffres de mises en chantier de logements pour le mois de septembre, au plus haut depuis juillet 2008, en hausse de 15% par rapport à août. Des données dépassant toutes les attentes des prévisionnistes, qui anticipaient seulement 770 000 nouveaux logements contre 872 000 mis en vente finalement. Cette annonce n'est pourtant pas si surprenante que cela dans un pays où la croissance devrait atteindre cette année 2,1% selon le consensus des économistes contre -0,8% en Europe selon les prévisions du FMI.
Selon les économistes d'Aurel BCG, cet écart de croissance entre les deux continents s'explique notamment par les difficultés de financement des entreprises et ménages européens contrairement aux Etats-Unis où l'accès au crédit est un peu plus aisé. " Les banques sont prêtes à financer les besoins de trésorerie des sociétés alors que dans les pays européens, en Espagne, en Italie mais aussi en France, les chefs d'entreprise craignent à tout instant que leur établissement de crédit préféré bloque les financement nécessaires au bon déroulement de l'activité ", expliquent-ils. Les indices de confiance des chefs d'entreprises et consommateurs européens sont en berne, en baisse de 1,1 point au mois de septembre à 86,1 signe de la défiance grandissante des citoyens du Vieux Continent dans la reprise de leur économie. Et les deux opérations de distribution de liquidités pour les banques mises en place par la BCE (LTRO I et II), ont clairement échoué à empêcher un crédit crunch et à relancer la distribution de prêts.
Si les banques américaines se portent mieux qu'en Europe, outre le fait qu'elles ne subissent pas de plein fouet la crise de la dette, c'est notamment grâce au dynamisme de leurs prêts immobiliers. Comme les chiffres publiés cet après-midi le soulignent, le marché de la construction montre des signes évidents de redémarrage. Les ménages américains ayant entamé un processus de désendettement, ceci devrait à terme restaurer leur capacité d'emprunt et inciter les banques à prêter encore davantage. En Europe, il faudra d'abord restaurer la confiance des ménages et entrepreneurs et améliorer leurs conditions de refinancement pour assister au même phénomène qu'aux Etats-Unis. Mais " de nombreux écueils restent à franchir " selon les économistes d'Aurel. En France notamment le marché de l'immobilier est encore très cher, contrairement aux Etats-Unis ou la baisse des prix est entamée depuis bientôt cinq ans. Le désendettement des ménages européens est encore loin d'être achevé.
Dans ces conditions le programme de rachats de titres de la BCE sera-t-il plus efficace que les deux précédentes LTRO, à redonner confiance aux ménages et entreprises et à relancer la croissance ? Oui selon les économistes d'Aurel qui estiment que les premiers effets de l'annonce se font déjà sentir avec un regain d'intérêt des investisseurs pour les titres bancaires et une réduction des spreads souverains. " Si la confiance se rétablit, les banques pourraient progressivement assouplir les conditions de financement, de quoi permettre des enquêtes PMI et donc une stabilisation de la situation économique en zone euro, voir même un léger soubresaut de la croissance. "
© Copyright WanSquare
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article
À lire aussi

