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Grèce : pas de versement sans réforme
Pas question de céder, même si des progrès ont été accomplis de la part du gouvernement grec depuis la signature du troisième plan d’aide mi-juillet. Tel a été le discours des Etats européens vis-à-vis du gouvernement hellène lors de l’Eurogroupe de cet après-midi. Les créanciers ont reconnu que la Grèce avait avancé sur la liste de ses « actions préalables » ou « prior reforms », que le pays s’est engagé à mettre en place afin de recevoir 2 milliards d’euros initiaux et en amont de tout un autre train de réformes liées à la première revue. Cette dernière commence dès demain, avec l’arrivée de la Troïka à Athènes, qui devra donc s’assurer que le pays suit le programme établi en juillet dernier. Le gouvernement a donc déjà pris du retard puisque plusieurs actions prioritaires jugées indispensables par Bruxelles sont encore en suspens. Et en particulier le sujet du durcissement des conditions de saisie des résidences principales des ménages endettés, ainsi que le passage à 23% de TVA sur les écoles privées du pays.
Le gouvernement grec devrait cependant finir par voter ces mesures et ce, « le plus rapidement possible », estime Lefteris Farmakis, économiste chez Nomura. La Grèce doit en effet rembourser 1,2 milliard d’euros au FMI à la mi-décembre et a donc besoin du versement européen pour y procéder. Sachant également que le gouvernement ne pourra procéder à la recapitalisation des banques grecques qu’une fois que la liste des actions préalable aura été remplie. «On est toujours dans la même logique d'utiliser les versements au maximum comme un moyen de pression pour faire les réformes attendues », explique ainsi Frédérique Cerisier, analyste chez BNP Paribas.
En effet, si le MES s’est engagé à verser 10 milliards pour la recapitalisation des banques, cette somme est pour le moment bloquée sur le compte du MES. Selon la BCE, les institutions financières du pays auront besoin de 14 milliards en tout, sachant que 4 milliards pourront être fournis par le secteur privé hellène. Le pays a donc bien besoin de la somme bloquée au MES. « Les créanciers ont lié tous les versements aux actions prioritaires pour satisfaire certaines actions préalables, laissant ainsi peu de place pour la Grèce pour manœuvrer. », explique encore Lefteris Farmakis.
Le sujet de la restructuration de la dette grecque fait partie de ceux qui devraient être discutés lors de la première revue. Mais là encore, aucun allègement ne sera accepté si les réformes promises ne sont pas au rendez-vous. Selon Lefteris Farmakis, les discussions sur un possible haircut, qui devaient initialement avoir lieu cet automne, devraient donc plutôt se tenir au début du premier trimestre 2016. « Le processus est très long, la restructuration de la dette n’est pas avant le début de l'année prochaine », termine l’économiste de Nomura.
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