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Danone sauvé par les émergents

Le groupe agroalimentaire a publié ce matin un chiffre d'affaires trimestriel très contrasté, mais bien perçu par le marché en raison des bonnes performances dans les pays émergents.
La consommation française patine. Y compris la consommation de biens alimentaires. Toutes les statistiques le montrent jour après jour. Et les chiffres d'affaires de Carrefour et de Casino, attendus cette semaine, devraient le confirmer, hélas. Ce qui est compréhensible, dès lors que les français ne savent pas encore à quelle sauce fiscale ils vont être mangés et dans la mesure où ils préfèrent épargner que consommer (49 milliards d'euros mis de côté l'an passé). Danone subit naturellement les effets de cette conjoncture peu satisfaisante en France, bien sûr, mais aussi dans le reste de l'Europe. Au cours des trois premiers mois de l'année, les volumes de ventes ont chuté de près de 4 % sur le Vieux Continent, tous produits confondus. Heureusement, Franck Riboud avait anticipé depuis longtemps cette atonie européenne en se renforçant partout ailleurs dans le monde. Et si Danone peut afficher pour ce début d'année un chiffre d'affaires en hausse de 5,6 % en données comparables, avec une amélioration de 3 % des volumes de ventes, c'est grâce à la combinaison d'une meilleure conjoncture en Amérique du Nord et d'une forte croissance dans les pays émergents, qui ont représenté 40 % des ventes au cours du premier trimestre. Par ailleurs en termes de produits, Danone a enregistré de très bonnes surprises dans la nutrition infantile (ce que les investisseurs appellent le "baby food") avec une hausse de 17 % du chiffre d'affaires, qui doit encore plus lui faire regretter d'avoir raté l'an passé l'acquisition de cette activité vendue par Pfizer, notamment en Chine. Dans ces conditions, il n'est pas surprenant de voir le cours de Danone progresser de près de 4% ce matin pour s'établir à son plus haut niveau depuis un an. D'autant que le groupe de Franck Riboud en a profité pour confirmer ses objectifs pour 2013, avec une croissance des ventes d'au moins 5 %, une marge opérationnelle en baisse limitée et surtout un cash flow disponible de l'ordre de 2 milliards d'euros. Qui sert toujours, hélas, à acquérir des actions d'autocontrôle aux dépens d'une politique de développement.
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