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Plus que 18 mois pour rembourser les LTRO

L'assèchement des liquidités causé par le remboursement des LTRO va entraîner une remontée des taux dans les prochains mois et risque d'avoir un impact récessif. Mais Draghi devrait agir pour empêcher un tel scénario. 700 milliards sont encore à rembourser...
Cela fait maintenant 18 mois que la Banque Centrale a lancé sa première opération de refinancement à trois ans en montant illimités et taux fixes, en décembre 2011, et l'heure est aux premiers bilans. Qui a remboursé quoi et combien reste t-il à recréditer auprès de Francfort d'ici l'échéance de février 2015, dans 18 autres mois ? L'enjeu est de taille puisque les deux LTRO ont permis d'injecter plus de 1000 milliards de liquidités auprès de 523 banques lors de la première opération de décembre puis de 800 banques lors de la seconde en février 2012. Cet excès de cash a naturellement eu un effet à la baisse sur les taux monétaires et l'ensemble des taux de dépôts et de refinancement. Puisque comme le soulignait la BCE dans son bulletin de février dernier, au-delà du seuil de 200 milliards d'euros d'excédent de liquidités, les taux monétaires de court terme évoluent à la baisse et de concert avec les taux de dépôt. Il avait été convenu lors du lancement des LTRO que les institutions financières européennes auraient la possibilité de commencer à rembourser au bout d'un an, soit à partir de janvier 2013. A condition de prévenir leurs banques centrales nationales des montants hebdomadaires qu'elles comptaient rendre à la BCE. D'après les derniers chiffres disponibles, datant de fin avril, les banques ont remboursé 195 milliards sur les 489 milliards empruntés lors de la première opération depuis janvier dernier et 101 milliards sur les 529 milliards prêtés par la BCE en février 2012. Il reste donc aux banques 722 milliards à rembourser. Sans surprise, toutes les institutions financières n'en sont pas au même stade, en fonction de leur nationalité et donc de la situation du marché du crédit de leurs pays respectifs. Ainsi, les banques françaises ont déjà rendu 60 milliards d'euros à la BCE sur les 174 milliards empruntés, quand l'Italie n'a remboursé que 10 milliards des 270 milliards prêtés par Francfort. L'Allemagne fait une nouvelle fois partie des bons élèves et a rendu 55 milliards des 70 qu'elle avait pris lors des deux opérations. Sur les 700 milliards qui restent à rembourser, les analystes considèrent que 300 milliards environ correspondent a des liquidités en excès par rapport aux besoins des banques. Qui devraient donc être rendus avant la date butoir. En effet, de nombreuses banques s'étaient rendues au guichet de la BCE en décembre et février par précaution, afin de se prémunir en cas de détérioration plus grande des conditions de financement. Or, la situation s'est améliorée sur la plupart des marchés des Etats core, estiment les économistes de la BCE dans une note de recherche. Une partie des banques devrait donc retourner vers un modèle de financement plus classique, en levant sur les marchés. D'autant que, ajoutent les experts de Francfort, les banques sont actuellement en processus de réajustement de leur bilan, période généralement associée à une croissance moins rapide, ce qui réduit leurs besoins de financements. Enfin, certaines banques vont continuer de rembourser leurs emprunts avant l'échéance finale afin de " prouver l'amélioration de leur conditions de financement individuelles ", terminent les économistes. Ce remboursement anticipé devrait entraîner un assèchement de l'excès de liquidités et ainsi entraîner à la hausse toute la chaîne des taux, avec un impact récessif pour la zone euro. Mais la BCE ne restera pas sans rien faire en cas de détérioration du marché du crédit post remboursement des LTRO, estiment les analystes. Puisque, selon, Nigel Bolton, responsable de l'équipe Actions Européennes chez BlackRock, Draghi a depuis l'été dernier montré sa détermination à soutenir la zone euro. AInsi, pour contrecarrer cette évolution des taux monétaires, les analystes de Natixis estiment que la BCE pourrait envisager une baisse du taux de refinancement. Et pour les banques plus fragiles qui auraient encore besoin des liquidités prêtées par la BCE après la date butoir (comme en Espagne et en Italie), elles auront toujours la possibilité de transférer ces prêts LTRO en prêts MRO à une semaine, terminent t-ils.
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