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Chômage en France : ça remonte
Après trois mois de baisse, le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité (catégorie A) a progressé de +0,8% en décembre 2016, à 26.100 personnes. Ramené à l’ensemble de l’année, on constate une baisse de 3%. Au total, le nombre de demandeurs d’emploi en catégories A, B, C est de 5 475 700 fin décembre 2016. Ces chiffres viennent corroborer ceux publiés par l’Acoss. Hors intérim, sur le dernier mois de l’année de 2016, le nombre de déclarations d’embauche de plus d’un mois ont augmenté de 0,6%. Un petit coup de mou par rapport à novembre où les embauches avaient progressé de +1,9%. Cela étant, l’année 2016 marque un tournant avec une hausse de 7,6% des déclarations auprès de l’URSSAF.
Le chômage reste donc élevé en France, notamment au regard de celui outre-Rhin, où à 6% on commence à parler de plein emploi car ce niveau n’avait jamais été atteint depuis la réunification en 1989. Dans une note de conjoncture, Natixis relève que “le taux de chômage, depuis 2008, a baissé en Allemagne à tous les niveaux de qualification, et il a augmenté en France à tous les niveaux de qualification : ce n’est pas particulièrement un type de qualification qui est responsable de l’écart de l’évolution du chômage.” Et en France, plus qu’ailleurs, les jeunes comme les seniors sont les premiers impactés. Comment expliquer cet écart ? La politique budgétaire allemande pour trouver les financements de la réunification semble être assez neutre sur le marché de l’emploi à vrai dire. “La baisse du chômage en Allemagne par rapport à la France pourrait être due simplement à la démographie, au vieillissement démographique en Allemagne, expliquent les économistes de Natixis. Les gains de productivité plus faibles qu’en France ont contribué à soutenir l’emploi aussi bien dans l’industrie que dans les autres secteurs.”
A cela, il faut bien sûr souligner, comme l’indique la note de la banque de financement et de gestion de BPCE, “la capacité des entreprises allemandes à exporter beaucoup, malgré une compétitivité détériorée, d’où la résistance de l’emploi manufacturier et de l’emploi dans les services liés à l’industrie”. Et ce succès à l’export ne tient pas sur les fondamentaux du marché du travail allemand. “La compétitivité-coût s’est dégradée en Allemagne par rapport à la France, mais pourtant les exportations de l’Allemagne ont progressé nettement plus vite que celles de l'Hexagone, reflet du niveau de gamme plus élevé de l’Allemagne”, avance Natixis. Ce constat n’est pas nouveau. Les produits allemands jouissent d’une meilleure réputation en terme de qualité et les consommateurs acceptent bien volontiers de payer un prix plus élevé. Du coup, les entreprises allemandes obtiennent un niveau de profitabilité “beaucoup plus élevé qu’en France mais ceci n’a pas créé un grand écart en ce qui concerne l’investissement des entreprises, souligne Natixis. Les crédits aux entreprises ont progressé de manières similaires.” En somme, les économistes de Natixis suggèrent que la France auraient un meilleur niveau d’emploi en ayant des gains de productivités plus faibles et en travaillant sur la résistance des emplois manufacturiers et ceux des services liés à l’industrie. D’autant que Natixis estime que l’emploi ne disparaît pas contrairement à une idée reçu mais observe une “bipolarisation du marché du travail, avec des créations d’emplois concentrées aux deux extrêmes : emplois qualifiés à rémunération élevée, dans les nouvelles technologies, dans la finance, le management et les emplois peu qualifiés dans les services domestiques à rémunération faible, avec le transfert des emplois industriels qui disparaissent vers les emplois de services domestiques”. Les chiffres de l’Acoss illustrent bien cette tendance. Sur le seul troisième trimestre de 2016, les effectifs salariés de l’industrie ont baissé de 0,2 % au troisième trimestre 2016 quand ceux du secteur privé ont augmenté de 0,1%. Le repli du chômage français pourrait donc être plus fort si ce mouvement de transfert d’emplois de l’industrie vers les services se réduisait ou, rêvons un peu, s’inversait.
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