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Telecom Italia: Vivendi reprend la main sur le calendrier
Vivendi vient de gagner un round dans le duel qui l’oppose à l’activiste Elliott sur Telecom Italia. Une décision qui peut paraître secondaire, mais qui est importante dans la mesure où elle redonne au groupe de Vincent Bolloré la main sur un calendrier très serré pour obtenir gain de cause. Lundi, le tribunal de Milan saisi en référé par Telecom Italia et le français a décidé que la résolution portant sur le vote des six administrateurs proposés par Elliott ne pouvait être soumise au vote de l’AG de demain, car il fallait attendre le renouvellement de l’intégralité du board de Telecom Italia, lors de l’assemblée du 4 mai prochain. Pour rappel, les administrateurs introduits par Vivendi ont démissionné ensemble fin mars, ce qui a conduit à une dissolution du conseil. L’actionnaire à 24% de l’opérateur télécoms italien a présenté une nouvelle liste de dix membres, qui doit être présentée au vote le 4 mai prochain, si bien que ce nouvel agenda permet de confronter les deux projets, et de permettre aux actionnaires de décider simultanément sur leur avenir.
Vivendi peut donc souffler, car un vote préliminaire sur les candidats d’Elliott risquait de la priver de la chance d’expliquer une nouvelle fois sa stratégie pour le groupe. Les divergences entre Elliott et le groupe de Vincent Bolloré tiennent principalement aux cessions d’actifs et spin-off, que l’activiste pousse afin de les monétiser et d’optimiser le rendement aux actionnaires. Il affirme ainsi soutenir la stratégie mise en place par le CEO Amos Genish, dont le mandat sera confirmé lors de l'AG de demain selon des sources proches du dossier. Mais ce dernier est pourtant opposé à toutes ces décisions, à l’exception du spin-off minoritaire du réseau, Netco. Lors de sa dernière interview au journal italien Il Sole 24 Ore la semaine dernière, il a affirmé : « Elliott est un actionnaire important mais il ne dispose pas d’informations en interne et j’espère qu’il comprend qu’il y a des limites à ce qui peut se faire », et sous-entend ainsi qu’il ne compte pas se faire tordre le bras.
Elliott a réagi de manière très succincte, estimant simplement que « la décision de ce jour est simplement une démocratie retardée, et non une démocratie reniée », et de donner rendez-vous aux actionnaires le 4 mai prochain. Le groupe a déjà lancé activement sa campagne de séduction auprès des détenteurs de parts et a obtenu le soutien des sociétés de conseil en vote ISS, Glass Lewis et Frontis, ainsi que de l’association des minoritaires de Telecom Italia (avec seulement 1% du capital) et bien sûr de l’activiste allemand SVM (à 1% également), entré par surprise la semaine dernière.
Vivendi doit donc reprendre la main sur cette bataille de communication, et bien sûr convaincre le gouvernement Italien, échaudé par ses pratiquées depuis son entrée au capital, de sa vision sur le long terme. « J’ai rencontré le gouvernement à de nombreuses reprise et il m’a semblé satisfait de ce que nous réalisons sur le plan des investissements », a plaidé Amos Genish lors de sa dernière interview italienne. Mais il n’est pas aussi optimiste sur la position de la Caisse des Dépôts italienne – CDP – qui est montée au créneau en prenant un bloc allant jusqu’à 5% du groupe – sur laquelle il a déclaré : « Il y a de nombreux points à éclaircir concernant la ligne de la Cassa et c’est ce que nous ferons, mais il ne me revient pas de revoir la composition du conseil d’administration ». Le compte à rebours est commencé, J-11.
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