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Boomerang toscan

La déroute du Monte dei Paschi di Siena, qui le place à la merci du gouvernement italien, s'explique notamment par sa surexposition à la dette publique de la péninsule.
Une cigale n'est pas toujours bien récompensée quand elle prend modèle sur une fourmi. La plus vieille banque du monde avait été saisie par le démon de la croissance externe, il y a quelques années. Mais elle avait parallèlement placé, dans une proportion supérieure à ses pairs, une bonne part de ses actifs dans les obligations et bons d'Etat italien. Aujourd'hui les handicaps s'accumulent. La politique déraisonnable avait culminé avec le rachat d'Antonveneta, il y a quatre ans. Pour devenir la troisième banque italienne, MPS n'avait pas hésité à racheter à Santander, pour 9 milliards d'euros, cet établissement de 1.000 agences que la banque espagnole avait acheté à ABN Amro quelques semaines plus tôt, pour 6,5 milliards ! Dans les pertes de 4,7 milliards d'euros affichées par la banque de Sienne au titre de 2011, les dépréciations d'actifs et de survaleurs comptent ainsi pour beaucoup. Mais comme un malheur ne vient jamais seul, l'ancien partenaire des Medicis est aussi victime de ses 25 milliards d'euros de dette publique italienne, qui se sont également dépréciés. La faiblesse de ses ratios de fonds propres impose aujourd'hui une recapitalisation de 1 à 2 milliard d'euros d'ici la fin de la semaine pour atteindre les seuils minima édictés par l'Autorité bancaire européenne. Comme la capitalisation de la reine du Palio s'est effondrée de 61% en un an et n'atteint plus que 2,5 milliards d'euros, ses principaux actionnaires (la Fondation MPS, et dans une moindre mesure Axa et JPMorgan), qui avaient déjà renforcé les fonds propres l'an dernier, n'ont guère envie de continuer à remplir ce panier percé. Le salut ne peut donc venir que de l'Etat pour éviter de laisser choir un groupe qui compte 3.000 agences, réalise plus de 5,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires et encore 540 millions de résultat opérationnel (en baisse de 43% en 2011). La puissance publique avait déjà permis la souscription de 1,9 milliard d'euros d'obligations garanties par l'Etat en 2009. Désormais, le gouvernement et la Banque d'Italie font face à un effet boomerang, puisque c'est la dépréciation de la dette publique qui rend nécessaire ce coup de pouce supplémentaire.
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