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Sur les marchés

Les marchés boursiers toujours ballotés par des nouvelles anxiogènes

L'annonce de la dévaluation du yuan chinois pèse sur les indices boursiers européens, à commencer par Paris qui lâche plus de 1%. Les entreprises exportatrices seront directement touchées par cette décision. A voir si les conséquences risquent d'être durablement pénalisantes.
Bourse de Paris - Palais Brongniart
Bourse de Paris - Palais Brongniart

Après les nombreuses péripéties grecques, dignes des plus émouvantes tragédies, les places boursières mondiales ont-elles de nouvelles raisons de craindre le pire ces prochains mois ? On a effectivement un peu l’impression que depuis le printemps dernier, un clou chasse l’autre. Maintenant que la Troïka semble avoir trouvé un terrain d’entente avec les dirigeants grecs sur leur façon de rembourser leur dette et d’organiser les mesures d’austérité qui s’imposent, c’est la Chine qui vient mettre son grain de sable dans les rouages de la machine économique mondiale.

En décidant de dévaluer le yuan, les dirigeants chinois prennent déjà à rebrousse poil toutes les entreprises européennes très exportatrices qui vont devoir dorénavant jongler avec une double difficulté : une économie locale en perte de vitesse, comme le démontrent toutes les études de ces derniers mois, et malgré cela une monnaie plus forte et pénalisante. La banque centrale chinoise n’a, certes, pas hésité à prendre les mesures qui s’imposaient pour enrayer la baisse des exportations chinoises de ces derniers mois en raison justement d’un yuan trop fort. D’où la baisse de 2% du taux de référence de ce jour par rapport au dollar.

Décision qui ne fait pas les affaires ni des Etats-Unis ni de l’Europe. D’où les mouvements baissiers enregistrés sur toutes les places boursières du Vieux continent ce mardi. Paris ne fait pas exception en cédant actuellement 1,5%, tout en conservant, toutefois, le seuil des 5000 points. Il faut dire que cette décision touche essentiellement les gros contributeurs à la pondération du CAC 40 que sont LVMH, L’Oréal, Kering, Peugeot, Renault ou Valéo. A savoir tous les acteurs très actifs sur le sol chinois, à commencer par le secteur automobile et du luxe. Leaders mondiaux qui font pourtant déjà d’énormes efforts pour s’adapter à un contexte chinois très fluctuant.

A voir maintenant si ces entreprises risquent d’être pénalisées durablement et si cette dévaluation va avoir de profondes répercussions sur l’ensemble de la chaîne économique. Sachant que financiers et entreprises attendent aussi avec une certaine inquiétude, même si la nouvelle est largement anticipée, la remontée des taux d’intérêt outre Atlantique. Pour l’heure, les investisseurs jouent plutôt la carte de la confiance puisque les indices européens sont sur un trend résolument haussier. La Bourse de Paris gagne plus de 20% depuis le début de l’année (+50% sur trois ans), et les analystes estiment qu’elle dispose encore d’un certain ressort pour aller jusqu’à 5.200/5300 points d’ici à la fin de l’année. Des propos plutôt rassurants qui ne prennent pourtant pas en compte une nouvelle série de mauvaises nouvelles. Et la Chine n’a peut-être pas dit son dernier mot.

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