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Moscovici obtient un signe du ciel

Le PIB de la France a grimpé de 0,5% au deuxième trimestre, un record depuis début 2011. Le ministre de l'Economie confirme donc ses prévisions, mais les réformes structurelles sont toujours vitales.
Enfin le rebond tant attendu du PIB français. Selon la premirèe estimation de l'Insee, le PIB de la France a grimpé de 0,5% au deuxième trimestre, soit le meilleur niveau depuis les trois premiers mois de 2011! C'est surtout bien supérieur aux 0,2% attendus par le consensus des analystes. Et le détail des chiffres va plaire à notre gouvernement. Cette hausse est due à un retour de la consommation des ménages, dont les dépenses ont augmenté de 0,4% contre un repli de 0,1% au premier trimestre, pour une hausse globale de la demande finale hors stocks de 0,3 point. Par ailleurs, le réveil des exportations (+2% après -0,5%) se conjugue à celle des importations (+1,9% après +0,1%), liée au dynamisme de la consommation. La production nationale n'est pas en reste, et accélère à 0,9% alors qu'elle stagnait jusqu'à présent. Reste une lanterne rouge: l'investissement, qui se contracte certes moins qu'avant (-0,5% contre -1%), mais ce sont surtout les ménages qui rechignent à engager d'importantes dépenses de logement par exemple (-1,7% par rapport à -1,4% au premier trimestre). De telles bonnes nouvelles étaient tellement inédites depuis de longs mois que le ministre de l'Economie en a profité pour se féliciter d'une sortie de récession pour la France, et enfin confirmer l'objectif de croissance de 0,1% en 2013, qu'il avait remise en cause il y a quelques jours en évoquant une possible stagnation voire contraction de l'activité, entre -0,1% et +0,1% en 2013. Mais cela ne change pas le problème de fond, qui est celui de la nécessité de réformes profondes en France. C'est ce que souligne Natixis dans une note datée d'hier, qui pointe des ajustements nécessaires dans les dépenses publiques, les marges bénéficiaires des entreprises et les parts de marché à l'exportation. Car "étant donné la faiblesse des gains de productivité et avec le vieillissement démographique, la croissance potentielle est très faible et la perte de niveau de PIB ne sera pas corrigée". Les économistes estiment qu'il faudrait donc réduire les dépenses publiques de 5,3% en France (alors qu'il n'y en n'a pas besoin en Allemagne). Ensuite, pour ramener les marges bénéficiaires de l'industrie à leur niveau de 1998, il faudrait une baisse du coût salarial unitaire de 18% en France, ce qui correspond à 60% des charges sociales étant donné leur poids! Enfin, la baisse des parts de marché à l'export peut conduire à deux ajustements: une baisse de 8,1 points de la demande intérieure pour rééquilibrer la balance courante, et une baisse des coûts salariaux (29% en France) et des prix des exportations. La route est encore longue...
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