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L'euro-dollar au plus haut depuis un an

L'euro a grimpé de plus de 2,6% depuis une semaine, et atteint un plus haut d'un an contre le dollar. Si le discours très optimiste de Draghi à Sintra a motivé cette hausse, des facteurs plus fondamentaux devraient continuer d'alimenter la progression. Sauf si la Fed resserre ses taux plus rapidement que prévu.
euro - dollar - devise - illustration
euro - dollar - devise - illustration

L'euro n'en finit plus de monter contre le billet vert. La monnaie unique a pris plus de 2,6% depuis le 20 juin et s'échangeait ce matin à 1,1424 contre le dollar, un plus haut d'un an. L'intervention de Mario Draghi lors du sommet des banques centrales à Sintra a notamment provoqué cette hausse, puisque le président de la BCE a affirmé mardi que l'environnement reflationniste de la zone euro représentait une opportunité pour réduire la politique accommodante. Et il n'a pas cherché à amoindrir son propos le lendemain, malgré la hausse de l'euro provoquée par son discours. Ce qui a été interprété par les marchés comme un signe supplémentaire du futur resserrement monétaire de la part de la BCE.

Un resserrement qui ne se traduirait pas en premier lieu par une hausse des taux directeurs, mais par un ralentissement plus rapide que prévu des rachats de titres mensuels. "Les marchés pricent toujours autour de 50% une probabilité de hausse de dix points de base pour juin 2018, mais nous estimons de notre côté que le premier resserrement devrait plutôt avoir lieu en mars 2019", explique ainsi Jennifer McKeown, économiste Europe chez Capital Economics. Selon l'économiste, le ralentissement des achats de titres devrait en revanche bien commencer dès janvier 2018, et le président de la BCE donner des indications plus précises sur le calendrier de sortie de QE lors de sa réunion de septembre prochain.  

Autre preuve du succès de la monnaie unique auprès des investisseurs, et qui a notamment provoqué la forte hausse de la devise ces dernières semaines : les positions longues acheteuses en euros sur les marchés sont de retour en territoire acheteur depuis mai, pour la première fois depuis trois ans. "Nous avons constaté un afflux de capital en zone euro, lié aux bonnes performances économiques de la région", explique ainsi Christopher Dembik, responsable de la recherche macro chez Saxo Bank. Qui souligne par ailleurs que les stocks de crédits en zone euro sont également en très nette hausse (+5,7% France, +3,6% Allemagne, +1,8% zone euro), démontrant le retour de la confiance des agents économiques. 

Mais la progression de l'euro/dollar résulte également d'un affaiblissement du billet vert, alors que les marchés sont de plus en plus sceptiques quant à la volonté réelle du Président Trump à mettre en place ses mesures de relance budgétaire. "Le dollar avait fortement progressé après l'élection de Trump, qui avait promis une politique reflationniste", explique ainsi Christopher Dembik, de Saxo Bank. Mais selon lui, les investisseurs ne fondent désormais plus beaucoup d'espoir dans les promesses de campagne du Président américain, alors que la croissance du pays ne devrait atteindre ni cette année ni l'an prochain les 3% prévus par Trump. 

Dans ces conditions, quelle sera l'évolution de l'euro/dollar dans les prochains mois ? La banque centrale américaine sera le principal vecteur de l'évolution du taux de change : si, comme l'estiment les analystes de Capital Economics, elle resserre les taux plus rapidement que ce que n'anticipent les marchés, alors l'euro/dollar pourrait redescendre aux alentours de 1,10 d'ici la fin de l'année. Les équipes de Capital Economics estiment effectivement que la Fed devrait monter les taux directeurs de 150 pb d'ici fin 2018, contre une hausse de 50 pb seulement anticipée par les marchés. "En revanche si la Fed se comporte finalement comme les marchés le prévoient, il n'y a aucune raison pour que l'euro se déprécie. Il pourrait même s'apprécier encore un peu dans les prochains mois, si les conditions économiques de la zone continuent de s'améliorer et si Draghi révèle le planning du tapering dès septembre", conclut Jennifer McKeown. 

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