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Comment attirer les fonds souverains en France ?

La stratégie d'attraction des fonds souverains doit être soutenue par une démarche active au niveau politique dans l'Hexagone.
Les fonds souverains sont très peu présents au capital des entreprises françaises (8 milliards d'euros environ sur les 3000 milliards que gèrent ces puissants investisseurs). Selon un rapport publié aujourd'hui par l'institut de l'entreprise, les sociétés françaises ne sont pourtant pas dénuées d'atouts pour attirer ces fonds d'Etat. Mais la France manque encore d'une diplomatie politico-économique ciblée pour soutenir les démarches individuelles des sociétés. Selon cette enquête menée auprès de représentants de sociétés de l'Hexagone en 2010, le rang des grandes entreprises françaises dans l'économie mondiale constitue un atout important pour attirer les fonds souverains. Leurs investissements soulignent leur préférence pour les entreprises déjà bien établies dans le secteur. Dans le classement "Fortune" des 500 premières entreprises mondiales, par l'importance du chiffre d'affaires en 2009, 39 sociétés françaises sont représentées. Autre atout, sans doute moins déterminant, pour les entreprises de l'Hexagone : leur développement reposera davantage sur les économies émergentes dans les années à venir. Les fonds souverains, principalement issus des pays émergents ont depuis deux ans recentré leurs investissements des pays occidentaux vers les pays en développement à fort potentiel de croissance. En 2009, les nations émergentes d'Asie, d'Amérique latine et du Moyen-Orient ont généré en moyenne 30% des revenus des sociétés du Cac 40. Pour certaines sociétés, comme Renault, elles devraient contribuer à hauteur de 80% des profits. Enfin, les fonds d'Etat, au-delà de la dimension financière de leurs investissements, sont sensibles au prestige des marques qu'ils acquièrent ou dont ils deviennent actionnaires. A titre d'exemple, on peut citer la participation du Qatar Investment Authority dans Porsche ou, plus recemment, dans Harrods. Les entreprises françaises aux marques prestigieuses pourraient donc susciter la convoitise. A condition d'avoir un soutien politique et diplomatique pour les appuyer dans leurs démarches auprès des fonds souverains. Selon l'institut c'est la principale lacune des entreprises hexagonales. Les fonds souverains étant eux-mêmes des véhicules étatiques, ils seraient sans doute sensibles aux égards qui leur seraient manifesté au niveau politique. Le rapport suggère à ce titre de nommer une personnalité de haut niveau chargée de nouer les contacts nécessaires avec les fonds d'Etat. "L'existence d'un tel délégué général permettrait à la fois de mieux attirer les fonds souverains et de canaliser leur intervention vers les secteurs où leur intervention est plus particulièrement souhaitée. " Le rapport cite à titre d'exemple la prépondérance du fonds du Qatar dans les investissements des fonds d'Etat en France, conséquence des très bonnes relations diplomatiques de l'Hexagone avec l'émirat.
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