La reprise française sur les rails?
Selon un rapport d'Ernst & Young, la croissance de la France sera relativement supérieure à la moyenne européenne. Mais le fort niveau d'endettement de ses entreprises risque de pénaliser une reprise durable.
La moins grande ouverture de la France au marché extérieur, d'ordinaire considérée comme l'une de ses faiblesses, lui aura du moins permis de mieux se prémunir de la crise que ses voisins européens.
Selon un rapport d'Ernst & Young publié aujourd'hui, la France, moins exposée au secteur financier et au commerce international, a connu au coeur de la crise une baisse de son PIB de 3,5%, contre 5,7% en moyenne pour le reste de l'eurozone. Selon les prévisions du cabinet d'audit, l'économie française devrait croître plus rapidement que celle de l'eurozone d'ici 2014, avec une hausse de 1,2% cette année et de 1,8% en 2011, contre 1% et 1,6% dans les autres pays. Et une croissance estimée autour de 2% par an entre 2012 et 2014.
Autre point fort de l'Hexagone, le fort niveau d'épargne des ménages, qui en 2009 représentait environ 15% du PIB. La reprise progressive et la stabilisation du taux de chômage (qui devrait tout de même s'élever cette année à 10,6%), pourraient permettre de libérer une partie des économies des français pour consommer. Selon l'étude, la croissance de la consommation pourrait représenter jusqu' à 2% du PIB en 2013, contre 0,5% cette année.
Le fort taux d'endettement des entreprises représente le principal obstacle à une reprise durable de la croissance de l'Hexagone. Selon E&Y, le niveau d'endettement des entreprises non financières a atteint 150% du PIB après la crise. Ce qui risque de peser sur les investissements des sociétés et leur capacité d'innovation. Or, selon Alexis Karklins Marchay, associé chez Ernst & Young, si la gestion de la crise a été keynésienne, c'est Schumpeter qui devrait permettre de faire repartir la croissance à long terme. "Force est de constater que l'enjeu se situe autour de l'innovation et du financement de celle-ci ", explique-t-il.
Etonnamment, le rapport d'Ernst & Youg reste relativement confiant sur la réduction du déficit public de l'Hexagone. Selon leurs prévisions, la France devrait parvenir à ramener son déficit à 3% du PIB en 2014. Des conjectures certes moins optimistes que celles remises en mars dernier par Eric Woerth à la commission européenne, qui envisageait une réduction du déficit de 3% du PIB pour 2013. Mais le cabinet d'audit ne fait aucune mention de la charge des intérêts de la dette, qui représentait pourtant 54,3 milliards d'euros en 2008 et devrait grever la capacité du gouvernement à ramener les dépenses de l'Etat dans les rails de Maastricht. D'autant que le coût de financement pour les Etats européens émetteurs de dette souveraine risque d'augmenter, en lien avec la crise grecque. Enfin, la banque centrale mettra fin tôt ou tard à sa politique monétaire accommodante.
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17/09/2021 - 10:31

