WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Macro-économie / Taux / Devises

Macro-économie / Taux
Devises

Pourquoi l'euro s'est finalement renforcé contre le dollar

L’euro s’échangeait aujourd’hui à 1,09 contre le dollar, alors qu’il se traitait encore à 1,057 début décembre et que de nombreux traders forex prédisaient la parité pour 2016. Comment expliquer la reprise de la monnaie unique malgré la divergence de politique monétaire des deux côtés de l’Atlantique ?
euros - dollars
euros - dollars

L’euro dollar à la parité pour le premier trimestre 2016, telle était la prédiction de nombreux traders en devises à l’automne dernier, face à l’effondrement de la monnaie unique contre le billet vert. Entre début octobre et début décembre, l’euro dollar avait ainsi baissé de plus de 7,5% et se traitait début décembre autour de 1,05. Selon les analystes alors, l’anticipation des investisseurs en devises d’une divergence de politique monétaire entre les deux continents avait entraîné ce fort mouvement de repli.

Or, la Fed a effectivement relevé ses taux directeurs de 0,25 point pour la première fois depuis 8 ans le 16 décembre dernier, tandis que la BCE annonçait quelques jours plus tôt un approfondissement de sa politique accommodante, rallongeant la durée du programme de rachat de titres et baissant le taux de dépôt de 0,10 point. Loin d’enfoncer l’euro dollar vers la parité, ces décisions des banques centrales européenne et américaine ont entraîné un mouvement inverse et la monnaie unique s’échange désormais à 1,0904 contre le billet vert, reprenant donc plus de 3%.

« Depuis quatre semaines environ, l’euro dollar est parvenu à un parfait équilibre situé entre 1,08 et 1,1050. Le scénario de parité e été reporté depuis la réunion des gouverneurs de la BCE où la monnaie unique a pris 500 points de base en une séance », explique ainsi Vincent Ganne, analyste chez FXCM. Selon lui, les analystes anticipaient des mesures plus importantes de la part de la BCE avant la réunion du 3 décembre, qui n’ont finalement pas été annoncées, poussant la monnaie unique à la hausse. L’euro n’est selon lui plus vendu comme c’était le cas avant la dernière réunion de la BCE de 2015, Draghi ayant expliqué que sa politique actuelle était suffisante pour atteindre ses objectifs, pour le moment. « Il n y a plus de catalyseur pour faire baisser l’euro davantage, la politique de Draghi a été intégrée dans les cours », explique encore l’analyste. Pour autant le dollar reste haussier contre l’ensemble des devises émergentes et la décision de Yellen a bien eu un impact sur l’évolution du billet vert. Mais s’il reste fort face à l’euro, sa progression n’est pas suffisante pour faire baisser le taux de change.

Quels événements pourraient entraîner un nouveau renversement de tendance sur l’euro/dollar et une éventuelle parité ? Un décrochage de croissance dans la zone euro tout d’abord, qui pourrait entraîner un second round de QE de la part de la BCE. Une hausse des taux directeurs américains plus rapide que ce que les marchés n’anticipent pourraient aussi précipiter le taux de change vers un euro pour un dollar. «Si les Fed funds dépassent les 1% d’ici à la fin de l’année, le cours de l’euro pourrait sensiblement baisser contre le billet vert », selon Vincent Ganne. Ceci entraînerait aussi un mouvement de carry trade de la part de hedges qui passeraient vendeurs en euros/dollar et précipiterait le mouvement de baisse.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article