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Le private equity européen tremble
Aux Etats-Unis, le private equity pourrait pâtir du projet de réforme bancaire annoncé par Obama. Déjà active, l'Europe saura-t-elle résister à cette tornade régulatrice?
On ne sait pas encore si les réformes bancaires voulues par Barack Obama verront le jour, mais leurs conséquences pourraient remodeler le paysage du capital-investissement, aux Etats-Unis comme en Europe.
Dans le domaine du LBO, la volonté d'écarter les banques du métier d'investisseur peut être considérée comme louable. Depuis un certain temps déjà, d'aucuns pouvaient souligner les conflits d'intérêt au sein d'une grande banque, intervenant en tant qu'apporteur d'equity à travers son fonds de private equity, et en tant que banque prêteuse, syndiquant le financement de l'acquisition.
Mais le message principal de Barack Obama a été de stopper l'activité de spéculation des banques sur leurs fonds propres. Or ce simple objectif est en contradiction avec le métier même du private equity, qui consiste à investir dans des entreprises prometteuses et à les faire grandir pendant plusieurs années, avant de les revendre. Rien à voir donc avec les activités de tradings que les banques avaient développées sur des produits hybrides ou avec les deniers apportés aux hedge funds. Assimilé à des activités court-termistes, le private equity risque donc aujourd'hui de se retrouver amputé d'une partie de ses financements pour de mauvaises raisons.
Les chiffres montrent l'ampleur d'une telle réforme: aux Etats-Unis, 16 banques auraient à céder 94 milliards de dollars d'actifs détenus par des fonds de fonds dans le private equity, et 50 milliards de dollars de new money ne seraient pas injectés dans cette industrie. Il faut donc bien réfléchir aux conséquences d'une transposition de cette - encore hypothétique - mesure en Europe. Sur le Vieux Continent, on dénombre 4 000 fonds de private equity dont 150 dépendent de banques, et 14 % des fonds levés en private equity ont été apportés par des institutions financières européennes (contre 9 % outre-Atlantique).
L'Europe s'est déjà emparée du problème des banques et du private equity, via les mesures de Bâle et aujourd'hui de la directive AIFM. Cette dernière vise à introduire plus de transparence dans les fonds levés, à imposer des nouveaux quotas de fonds propres et imposer l'évaluation des actifs en portefeuille. Bien qu'encore en friche, cette mesure sera plus adaptée pour réguler le métier de capital-investissement plutôt qu'une interdiction pure et simple adressée aux banques de le pratiquer sur leurs fonds propres. Afin que l'exemple de Natixis ne soit pas suivi par d'autres grands noms européens de la banque.
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