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Brexit : Milan courtise les gérants londoniens
On connaissait l’attrait des banques d’investissement londoniennes pour Francfort, mais qu’en-est-il des sociétés de gestion de la capitale britannique? Les jeux sont encore loin d’être faits dans ce domaine, où Luxembourg et Paris lorgnent sur les victimes collatérales du Brexit. La première est connue comme étant le premier marché de la distribution de fonds, la deuxième comme étant le premier marché de la gestion de fonds. Mais voilà qu’une petite nouvelle entre dans la danse. Milan, la capitale économique de l’Italie, se lance effectivement dans une opération séduction qui pourrait réussir. Et qui serait un nouveau coup dur pour Paris, qui cherche à devenir une place financière de renom.
Ainsi, la ville du nord de l’Italie affirme être en discussions avec bon nombre de gérants, cherchant à établir une base dans l’UE en délocalisant des salariés, en ouvrant une filiale, voire en installant leurs centres de gestion dans la ville. Comme tout le monde, Milan souhaite profiter de l’opportunité offerte par la sortie de l’UE et Arabella Caporello, la maire de la ville, assure être en discussions avec « quelques-uns des plus gros » gérants de Londres. « Nous allons maintenant présenter une liste de souhaits au gouvernement italien pour faire de Milan une place de choix pour ces possibles mouvements », a-t-elle ainsi indiqué à Financial News.
Et là où Milan pourrait faire la différence, notamment avec Paris, c’est sur la fiscalité mise en œuvre dans le pays. Il est déjà acté dans les textes que les plus gros salaires choisissant de s’installer en Italie pourront opter pour une « flat tax » de 100 000 euros pour 15 ans. Ce qui sous-entend une perte fiscale importante pour le pays, a priori compensée par la consommation et les investissements engendrés par ces nouveaux venus. De même, la loi de finance italienne pour 2017 prévoit que les dirigeants de grandes banques se relocalisant à Milan disposeront d'une exonération d’impôt de 50% de leurs salaires pour 5 ans. Autant d’appels du pied qui font de Milan une des villes les plus attrayantes en matière de fiscalité des hauts salaires par rapport à ses concurrentes. A ce jour en tout cas.
Une fois encore, Paris risque de subir une concurrence accrue dans ce domaine financier, alors que les banques sont très nombreuses à ne pas faire le choix de la capitale. Car les annonces continuent à affluer. Ce week-end, Bank of America annonçait transférer son siège juridique pour l’UE à Dublin. Opérant depuis plusieurs années dans cette ville, il était logique pour le groupe de la choisir pour continuer à intervenir sur le marché européen. Aussi, « nous avons déjà une banque opérationnelle et disposant d'une licence complète domiciliée en Irlande, ce qui, ajouté au fort engagement du pays en faveur des entreprises et de la croissance économique, fait de Dublin la destination naturelle pour renforcer nos entités juridiques dans la transition », soulignait le géant américain dans un communiqué. La banque a par ailleurs précisé qu’elle allait probablement transférer ses équipes dans plusieurs villes européennes, citant ainsi Madrid, Milan, Francfort, Paris ou Amsterdam.
Reste que les banques françaises ont été rappelées à l'ordre vendredi dernier par Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie et des Finances. Ce dernier avait réuni l'ensemble des banques du pays, rappelant les engagements pris par le gouvernement en faveur d’une place financière de Paris attractive et compétitive, dans un environnement international très concurrentiel. Les groupes bancaires français ont confirmé au ministre qu’ils choisiront naturellement Paris dans le cadre de la relocalisation de leurs activités londoniennes. « Ce sont près d’un millier d’emplois qui pourraient être concernés, dont l’effet d’entrainement est d’au moins trois emplois indirects pour un emploi direct », soulignait la FBF dans un communiqué. C'est déjà ça de pris pour Paris...
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