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Standard Life/ Aberdeen : la concentration dans la gestion active s’accélère
Si la gestion active vit des jours difficiles, cela est d’autant plus problématique à la City, confrontée aux interrogations liées au Brexit. C’est la raison pour laquelle le gérant britannique M&G, filiale de Prudential, a par exemple choisi de créer une structure au Luxembourg afin de préparer ses arrières. Standard Life et Aberdeen Asset Management ont quant à elles choisi de discuter d’une fusion en titres, selon les informations publiées par Sky News ce samedi. Les deux sociétés ont reconnu que les négociations étaient en cours, et que cette opération donnerait « une taille critique, transformant la capacité de la nouvelle entité d’investir pour la croissance ».
Une telle alliance formerait un groupe de 11 milliards de livres (12,7 milliards d’euros) de capitalisation boursière, présent dans toutes les classes d’actifs comme les actions et les produits de taux. Mais Standard Life, qui est deux fois plus gros que son partenaire avec 7,5 milliards de livres (8,6 milliards d’euros), obtiendrait 66,7% des titres de la nouvelle entité. Pour l’assureur, cette opération serait une nouvelle étape marquante dans sa stratégie d’évolution vers un modèle de gérant d’actifs depuis quelques années, après avoir cédé ses activités d’assurance santé et bancaire.
Néanmoins, cette transaction apparaît surtout défensive de la part des deux groupes, qui font face aux fuites de capitaux de la part des investisseurs, de plus en plus attirés par les fonds indiciels et leurs faibles commissions. Sur l’exercice clos à fin septembre, Aberdeen a essuyé des sorties nettes de 32,8 milliards de livres, tandis que Standard Life, qui a réussi à augmenter ses actifs sous gestion au total de 10% à 277,9 milliards de livres, a perdu 4,3 milliards de livres sur son fonds GARS (Global Absolute Return Strategies), qui a une stratégie similaire aux hedge funds et a subi deux années de sous-performance.
Ce n’est pas le premier exemple d’union dans la gestion active : en octobre dernier, le britannique Henderson a mis la main sur l’américain Janus pour 2,01 milliards de livres (2,6 milliards de dollars), et les deux groupes comptaient sur les synergies tirées d’une distribution centralisée pour leurs produits, mais aussi sur 110 millions de dollars d’économies de coûts liées aux suppressions d’emplois et de produits doublons. Et en décembre, c’est le français Amundi qui reprenait Pioneer Investments à l’italien Unicredit, pour 3,5 milliards d’euros.
L’industrie est en pleine consolidation car la classe d’actifs fait face à deux défis majeurs : la hausse des coûts liés à une régulation plus contraignante, et des critiques sur les montants de ses commissions, alors qu’elle n’a pas réussi à surperformer ces dernières années. De grands noms comme Warren Buffett suggèrent de leur préférer la gestion passive via des fonds indiciels, moins coûteuse pour les investisseurs. Preuve de leur bonne volonté, les CEO des deux sociétés envisagent de diriger la nouvelle entité ensemble, ce qui est plutôt inhabituel surtout dans le secteur de la gestion d’actifs.
L’enjeu est de taille : la gestion passive représente désormais 29% des actifs gérés aux Etats-Unis (15% en Europe), selon les données de Moody’s, et la tendance devrait s’accélérer puisque les fonds dits passifs ont engrangé 505 milliards de dollars l’an passé, tandis que les investisseurs ont retiré 340 milliards de la gestion active. La raison est simple : 64% des gérants actifs ont fait moins bien que leur indice de référence sur les 15 dernières années, selon Vanguard, un des principaux concurrents de la gestion indicielle qui est désormais à la tête de plus de 4 000 milliards de dollars.
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