Les faux avantages fiscaux pour l'immobilier
Même Cécile Duflot a décidé de maintenir des avantages fiscaux pour l'immobilier locatif, destinés à prendre le relais du dispositif Scellier. Mais il ne s'agit que d'une cerise sur le gâteau. Et ce qui compte, c'est le gâteau !
La nouvelle Ministre du Logement va donc laisser, elle aussi son nom, à un dispositif fiscal en faveur de l'immobilier locatif. Comme ce fût le cas, avant elle pour Méhaignerie, Périssol, Besson, Robien, Borloo et Scellier. Cécile Duflot n'a pas un goût immodéré pour les systèmes fiscaux avantageux. Mais elle s'est rendue à la raison. Dans la mesure où l'Etat n'a pas les moyens financiers de construire les 500.000 nouveaux logements dont le pays a besoin pour mettre fin à la pénurie actuelle, il n'y a pas d'autre solution que de faire appel au goût immodéré que les français nourrissent pour la pierre.
D'où la création d'un nouveau système fiscal à base de réduction d'impôt, destiné à prendre le relais du dispositif Scellier. Le seul problème de ces "miroirs aux alouettes" dans lesquels se font piéger bon nombre d'épargnants appartenant aux classes moyennes, c'est qu'ils finissent par concentrer l'intérêt sur le seul attrait fiscal aux dépens des conditions d'acquisition ou de location. Si bien que l'actif immobilier ainsi acheté peut se révéler être une très bonne opération à l'achat, mais une beaucoup moins bonne dans la perspective d'une valorisation, puis d'une revente.
Dans le cas présent, Cécile Duflot entend réserver son avantage fiscal aux acheteurs de biens immobiliers situés dans des zones où il y a un vide à combler, et dans la mesure où les loyers pratiqués seront systématiquement inférieurs à 20 % du marché. A partir du moment où les taux de rendement des actifs en question seront, de fait, bien plus bas qu'avec des biens immobiliers classiques et "non réglementés" et compte tenu des taxes foncières, il n'est pas certain que l'avantage fiscal mis en avant, permette de compenser ces moins-values latentes.
C'est pourquoi ceux qui seraient tentés de réduire leur impôt avec ce nouveau dispositif, seraient bien inspirés de considérer le "Duflot" comme une cerise sur le gâteau. Mais ce qui compte, c'est la saveur et le prix du gâteau. La cerise est là uniquement pour la décoration. Elle ne doit surtout pas occulter la frénésie fiscale du nouveau gouvernement ni l'impossibilité de louer le bien immobilier à son juste prix.
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