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Un nouvel écosystème de financement des PME, c'est maintenant?

La Place de Paris a lancé un nouvel appel pour venir en aide à des PME porteuses de croissance mais financièrement asphyxiés. Des solutions existent, mais la volonté politique sera testée avec la BPI.
Les PME françaises sont mises au rebut de notre économie, étranglées par des crédits bancaires de plus en plus difficiles à obtenir, un marché obligataire à peine balbutiant, et coté fonds propres, une raréfaction continuelle du financement. Ce constat implacable, fait par tous depuis 2008, peine à trouver des réponses adéquates, tant les pouvoirs publics comme les investisseurs sont paralysés par la peur d'une nouvelle apocalypse financière. Dernière initiative en date, l'Amafi, association française des marchés financiers, propose de créer un Fonds de Financement des Entreprises Françaises. Bonne idée, direz-vous, mais comment le financer? "Via les fonds de dotation, comme le Grand Emprunt ou des fonds issus des régimes publics et privés de prévoyance". Message implicite: l'argent public est là, il suffit de l'allouer intelligemment. Or, force est de constater que les principales poches de financement des PME françaises ont été mitraillées ces dernières années. Côté bas de bilan tout d'abord. Certes, les PME françaises ont jusqu'à présent été à peu près épargnées par l'érosion du crédit bancaire, qui a même progressé de près de 20% entre 2007 et 2012. Mais l'inversion de tendance se fait désormais ressentir, avec une réduction de l'encours de crédit pour les PME indépendantes depuis l'été, une première depuis 2008. Et les menaces se font de plus en plus présentes, puisque les nouvelles contraintes de régulation avec Bâle 3 réduisent la capacité des banques à mobiliser leurs bilans pour prêter à long terme. Plusieurs solutions pourraient être développées: ouvrir le marché obligataire aux PME. Des initiatives ont émergé en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, qui satisfont autant les émetteurs -pas de dilution ou plus tard, un remboursement en général in fine- que les investisseurs -produit simple et rendement élevé. Une telle innovation serait du pain béni pour les LBO qui doivent se refinancer, mais nécessiterait la création d'une agence de notation, voire une garantie de la BPI. En France, le précédent de Monceau Fleurs, qui a été placé en sauvegarde en 2010, quatre mois après une émission réussie, a laissé de mauvais souvenirs. Il reste enfin les fonds publics et FCPI investissant dans les obligations convertibles, segment qui s'ouvre enfin aux particuliers. Côté haut de bilan, ce n'est guère plus glorieux. Le capital investissement français est en pleine crise, le premier semestre 2012 renoue avec les points bas de début 2009, certes en raison de la raréfaction du crédit et donc des LBO, mais pas seulement. Le volume du capital développement a aussi reculé de près de 40% au premier semestre, ce qui montre que les acteurs ne peuvent même pas se recycler dans une autre classe d'actifs. Le segment est en réalité dominé par les acteurs publics, l'Etat (via le FSI) représentant 54% des investissements. Quant aux fonds fiscaux, FCPI et FIP, qui avaient permis de réactiver le venture français, la baisse des avantages fiscaux et le resserrement du couple risque-rendement ont dévoyé le système. D'où la nécessité de réactiver des corps de règles avantageux, qui encouragent l'orientation des -énormes- flux d'épargne vers les PME. Autre outil: la Bourse. Les IPO sont à un niveau faible, mais un flux continu de groupes technos est entré sur Alternext cette année. Le projet de création d'une Bourse européenne pour les PME, actuellement en gestation, serait essentiel pour dynamiser un marché trop petit et illiquide. Pour cela, il faut pouvoir activer la manne de l'épargne privée. Plus des deux tiers du patrimoine des français, soit 11 000 milliards d'euros fin 2011, est placé dans l'immobilier, très favorisé fiscalement. Le nombre d'actionnaires individuels chute depuis 2009, alors que l'assurance vie collecte annuellement entre 120 et 140 milliards d'euros depuis cinq ans. Le rapport Gallois avait suggéré de rallonger la durée des contrats, voire d'inciter les compagnies à investir au moins 2% de leurs en-cours dans des sociétés non cotées, ce qu'elles n'ont encore jamais fait. Le PEA PME est une autre initiative qui a été reprise par le gouvernement Hollande et qui devrait figurer dans la loi de finances rectificative début 2013. Avant tous ces grands chantiers se joue celui, essentiel de la BPI. Il devra garantir la trésorerie des PME, développer un marché de la dette adapté, une activité de capital risque et mettre en oeuvre une stratégie de filières. Un programme ambitieux qui donnera un avant-goût de la volonté (et de la capacité) du gouvernement à recréer enfin un environnement porteur pour les PME en France.
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