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Pourquoi les indicateurs français avancés décrochent

Alors que les indices PMI de la zone euro se ressaisissent depuis le début de l'année, ceux de l'Hexagone marquent un décrochage. Un décalage qui s'explique notamment par le choc fiscal décidé par le gouvernement, selon Coe-Rexecode.
Pourquoi les chefs d'entreprises français sont-ils parmi les seuls de la zone euro à ne pas percevoir d'amélioration de la conjoncture dans les mois à venir ? Alors que les indicateurs du climat des affaires ont amorcé un lent redressement en UEM depuis la fin de l'année dernière, ceux de la France ont plongé. Le décalage est probant alors que les indices PMI de l'Hexagone ont toujours suivi l'évolution moyenne des enquêtes de la zone euro. " La stagnation à un niveau bas des indicateurs sectoriels du climat des affaires en France tranche avec les signes d'amélioration qui apparaissent quand ces signes sont observés au niveau de l'ensemble de la zone euro, " expliquent les experts de Coe-Rexecode (Centre d'Observation Economique et de Recherche pour l'Expansion de l'Economie et le Développement des Entreprises). Bref, " la France se décale par le bas du reste de l'UEM ", s'inquiète Denis Ferrand directeur général de l'institut. L'origine de ce décrochage est sans aucun doute à chercher dans les différences de timing des efforts de réduction du déficit structurel des comptes publics, selon eux. En 2013, l'effort structurel de maîtrise du déficit serait de 1,4 point de PIB selon la Commission et de 1,2 en 2012. Dans le même temps, celui de la zone euro sera presque deux fois inférieur en 2013 (0,8 points) qu'en 2012 (1,4 point). Mais, outre l'ampleur du redressement budgétaire français prévu cette année, c'est surtout la façon de rétablir cet équilibre qui pèse sur l'activité de l'Hexagone. L'effort budgétaire porte en effet principalement sur une hausse de prélèvements obligatoires qui sont déjà un niveau record et bien moins sur la maîtrise des dépenses publiques, pour laquelle aucun reflux de son poids dans le PIB ne se dessine. " Le matraquage fiscal de l'automne dernier, où le gouvernement a davantage joué la fiscalité que les dépenses publiques, le tout dans une grande confusion sur les motivations réelles quant aux mesures prises ", a créé un choc de confiance des acteurs économiques français, selon Michel Didier, président de Coe Rexecode ; d'autant que le gouvernement a depuis révisé ses objectifs de déficit à la hausse pour cette année. Or " rien n'est pire que de ne pas avoir de cap ou de changer ses objectifs ", selon le président du centre de recherche. Reste à savoir si ce décalage constaté depuis le début de l'année est temporaire seulement ou est le signe d'un problème structurel français plus profond, qui pourrait pénaliser la croissance dans la durée ? A priori, l'économie française devrait tout de même renouer avec une évolution positive au deuxième semestre de cette année, selon les anticipations de Coe-Rexecode. Mais ne reposerait en réalité que sur deux éléments de nature temporaire : un ralentissement du déstockage- la contraction du niveau des stocks a pesé sur le niveau d'activité en 2012, à hauteur de un point de PIB. Et une probable anticipation de la hausse de la TVA qui interviendra au 1er janvier 2014, hausse introduite pour le financement du crédit impôt recherche. Mais au-delà des ces facteurs temporaires, les experts du centre de recherche ne sont pas très optimistes pour le redressement de la France. Car les traditionnels facteurs de la croissance française ne seront pas au rendez-vous. Ainsi, la consommation des ménages devrait encore baisser cette année. " La hausse des prélèvements obligatoires sur les ménages anticipée pour 2013 sera d'un montant équivalent à un peu plus d'un point de leur revenu disponible brut ". Le revenu disponible brut réel par ménages sera inférieur de 5% en 2014, soit à son point atteint en 2007. La baisse de l'épargne disponible des ménages affectera la consommation, même si celle-ci sera protégée par la faiblesse de l'inflation dans les deux prochaines années, selon l'institut. De même , l'investissement des entreprises sera limité, vu la fragilité de leur situation de trésorerie. Enfin, la contribution du commerce à la croissance serait très faible, en raison d'une amélioration de la compétitivité très lente. Selon Michel Didier, seule une baisse des dépenses publiques radicale permettrait de rétablir les comptes publics français sans grever la croissance. " Les exemples d'Etat qui ont rétabli leur déficit dans les trente dernières années (Suède, Pays-Bas, Allemagne) montrent qu'il est possible de le faire tout en développant les conditions de restauration de la croissance du pays ", conclut-il. Selon l'institut donc, le PIB français devrait reculer de 0,2% cette année, avant de repartir mais très lentement, à +0,7% en 2014.
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