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Bpifrance engrange la plus-value de ses actifs cotés
Après le placement de titres Accor par Colony et Eurazeo, puis celui de Carrefour et Dassault Aviation, c'est au tour de bpifrance de tirer parti d'un marché français au plus haut depuis début 2008, grâce au retour de la croissance et au quantitative easing de la BCE. La banque publique d'investissement a ainsi placé 1,7% du capital de Valeo sur les marchés, soit la moitié de sa participation, pour un total de 188 millions d'euros. Le placement a clôturé une excellente journée pour l'équipementier automobile, qui avait pris 3,6% pour atteindre son plus haut historique, soit 143 euros par titre.
Le prix est encore bien supérieur à la première cession de bloc qui a eu lieu il y a tout juste un an, lorsque bpifrance avait vendu 2,5% de Valeo à 100 euros par titre. Il démontre tout l'intérêt du métier d'investisseur public sur le long terme, puisque le FSI était venu à la rescousse apporter 19 millions d'euros à l'industriel alors accablé par la crise, en 2009, sur une valorisation dix fois moins élevée. A l'instar de Valeo, l'investisseur public pourrait profiter de cet environnement très favorable des marchés pour monétiser d'autres lignes qui affichent de fortes plus-values potentielles. Ainsi, bpifrance détient toujours près de 8% du fabricant de cartes à puce Gemalto, qui après avoir plongé en octobre dernier en raison de la concurrence de l'Apple Pay, a repris des couleurs depuis et atteint une capitalisation boursière de 6,7 milliards d'euros, contre 2 milliards lors de l'entrée du FSI en mai 2009.
D'autres participations héritées de la CDC pourraient également apporter des rendements très appréciables. L'investisseur est également un gros actionnaire (25,6%) d'Eutelsat, dont il a hérité de la Caisse qui était entrée en 2006 sur une valorisation de 3,2 milliards d'euros. L'opérateur de satellites en vaut désormais 7,1 milliards d'euros en Bourse mais depuis les velléités de l'espagnol Abertis, qui avait fait une offre sur le groupe en 2011, le gouvernement veille. Schneider Electric, dont il détient 3,3% de longue date, est également en pleine forme: il affiche plus de 42 milliards d'euros de capitalisation boursière, soit 72 euros par titre, contre seulement 20 euros lors de son point bas en 2009. Enfin, il peut aussi se prévaloir d'une belle plus-value latente sur sa part de 3,7% d'Ubisoft, héritée depuis longtemps de la CDC et dont le cours a triplé depuis son IPO en 1999.
D'autres participations sont en revanche dans le rouge pour bpifrance: les dossiers Eramet et Eiffage par exemple, même s'ils remontent la pente. Mais le vrai sujet d'inquiétude à l'heure actuelle vient en réalité de Technip et CGG, qui ont subi de plein fouet la division par deux du prix du pétrole et ont réagi à un projet d'offre du premier sur le second fin 2014. Un tel rapprochement avait été retoqué par l'Etat, si bien que Technip a rapidement renoncé et les deux cours en ont pâti. Le titre CGG a été divisé par deux depuis l'été dernier et ne vaut plus que 1,8 milliard d'euros, contre 2,8 milliards lors de l'entrée du FSI en juin 2010. De son côté, Technip ne vaut plus que 57 euros, contre 80 euros l'été dernier, mais affiche encore une belle plus-value potentielle de 75% sur le niveau d'entrée de septembre 2009. Sous réserve que le pétrole se stabilise au niveau actuel.
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