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Sur les marchés

Bpifrance cède un bloc d'Eiffage avant les échéances de l'été

Sept mois après sa dernière cession, le fonds souverain français a vendu 6,5% supplémentaires de la société d’autoroutes. L’accalmie des marchés et la hausse du titre lui donnent l’occasion de monétiser des actifs, avant les événements de juin.
Eiffage - logo
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Martin Vial, le commissaire de l’Agence des Participations de l’Etat, l’avait annoncé il y a encore quelques jours dans les colonnes des Echos : « Il y aura probablement dans les années à venir des reclassifications de participations entre bpifrance et l’APE ». La puissance publique n’aura pas tardé à joindre le geste à la parole, puisque bpifrance a annoncé ce jeudi après-clôture de la Bourse qu’elle avait mis en vente un bloc de 6,6 millions d’actions, soit 6,76% du capital d’Eiffage. Comme lors de la dernière opération de ce type en octobre 2015, la société en profite pour racheter 1 million de titres, soit 1,02% des parts, à un prix maximum de 67 euros par action (niveau du titre à la clôture).

Au cours actuel, l’opération rapporterait un produit brut de 450,5 millions d’euros. Et l’actionnaire public s’engage à ne pas céder d’action supplémentaire dans un délai de 180 jours. Société Générale est chargée du placement, tandis que Barclays et Bank of America Merrill Lynch agissent comme teneurs de livre adjoints.

Cette opération est la suite directe et logique de la première cession effectuée en octobre dernier, lorsque bpifrance avait vendu 5% du capital à un prix unitaire de 56 euros par action. Mais s’il vend cette fois les titres Eiffage à un niveau proche de 67 euros, il rentrera dans les frais de leur prix de revient historique. En effet, la Caisse des Dépôts était entrée au capital du concessionnaire d’autoroutes à 68 euros par titre, puis avait racheté la part de l’espagnol Sacyr deux ans plus tard à 62 euros.

Eiffage est un actif mûr pour l’Etat actionnaire qui avait profité de bonnes conditions de marché pour se désengager partiellement à l’automne dernier, mais la disparition brutale de son P-dg Pierre Berger, le lendemain de cette annonce, aurait pu bouleverser les choses. Heureusement, après le retour rapide par interim de Jean-François Roverato, il n’en a rien été avec la nomination quelques semaines plus tard de Benoît de Ruffray, débauché de chez Vinci. Cet X-Ponts de 49 ans, au profil international et expérimenté dans la construction, a su rapidement rassembler les troupes et les résultats 2015 ont confirmé une amélioration de la rentabilité, qui a permis de revoir à la hausse le montant du dividende. De quoi satisfaire les investisseurs, qui ont fait grimper le titre de 14% depuis le début de l’année.

Eiffage n’a donc pas trop pâti des bouleversements du début d’année en Bourse, et bpifrance a pu tirer parti ce cette bonne orientation du titre pour monétiser sa participation, et garnir (à la marge) les caisses de l’Etat dans cette période d’intenses tractations budgétaires. Il s’agit de la deuxième cession de bloc de ce type : en février dernier, Bpifrance avait réussi, malgré la tempête boursière, à solder le reste de sa participation dans l’équipementier automobile Valeo. Si l’actionnaire public a toujours l’intention faire tourner son portefeuille, en particulier d’avant-crise, la fenêtre de tir est courte. Le mois de juin risque d’être perturbé sur les marchés européens par le référendum sur le Brexit, les élections espagnoles mais aussi la décision de la Cour Constitutionnelle allemande sur la légalité du quantitative easing employé par la BCE. Enfin, certains dossiers devront attendre : les positions dans l’énergie comme Technip et CGG ont largement souffert de la déconfiture des prix pétroliers depuis l’été 2014 même si le brut semble se stabiliser autour de 50 dollars, et le fabricant de tubes sans soudure Vallourec, qui s’est effondré de 86% en un an, a annoncé un nouveau plan de restructuration en début d’année.


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