Le rebond relatif de Saint-Gobain
Le groupe de produits de construction a connu une année 2009 difficile mais la reprise partielle enregistrée au second semestre laisse entrevoir une éclaircie en 2010.
Plus on descend bas, plus on peut remonter. C'est l'espoir que peuvent caresser les actionnaires de Saint-Gobain, à commencer par le premier d'entre eux, Wendel Investissement. Après une chute de 89% du bénéfice net et de 39% du résultat d'exploitation l'an dernier, 2010 a de bonnes chances d'être l'année du rebond. D'autant que le second semestre a marqué une nette amélioration sur le premier avec une hausse de 38% du résultat d'exploitation et de 94% du bénéfice net courant d'un semestre à l'autre.
La dureté de la crise, particulièrement forte pour un groupe dont les principaux marchés sont dans la construction et l'automobile, avait heureusement conduit ses dirigeants à prendre des mesures drastiques qui ont porté leurs fruits. Les économies de coût et l'appel au marché de l'an dernier ont ainsi permis de limiter la baisse des marges et de réduire très sensiblement l'endettement.
Avec une dette nette en baisse de 3,1 milliards d'euros, ne représentant plus que 53% des fonds propres, Saint-Gobain est ainsi bien armé pour affronter la conjoncture. Celle-ci reste encore très difficile en dehors de l'Asie et de l'Amérique latine qui sont désormais sorties de la crise. En Europe et aux Etats-Unis on ne constate en effet qu'une stabilisation à bas niveau, sauf dans l'automobile qui s'est reprise au second semestre mais dont le feu de paille pourrait s'éteindre avec l'arrêt programmé des primes à la casse.
Globalement, la marge opérationnelle s'est améliorée au second semestre à 6,7% contre 5% au premier mais reste loin des 8,3% de 2008.
Si Pierre André de Chalendar attend un fort rebond du résultat d'exploitation en 2010, la situation n'en demeure pas moins délicate. Si la baisse de 13,7% du chiffre d'affaires en 2009 était surtout du à une chute des volumes, la bonne tenue des prix est aujourd'hui sujette à caution. Après une hausse de 1,7% au premier semestre ils ont en effet connu un tassement de 0,2% au second. De nouvelles économies permettront certes de doper la reprise des résultats mais ce n'est que lorsque volumes et prix croîtront de concert que Saint-Gobain pourra vraiment torner la page de la crise.
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17/09/2021 - 10:31

