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Opération séduction à Bordeaux pour attirer les entreprises
Bordeaux surfe sur la vague Ubisoft. Alors que l’entreprise bretonne vient de poser ses valises dans la ville d’Alain Juppé pour y ouvrir un nouveau studio, la métropole en profite pour appeler les sociétés à imiter le spécialiste des jeux vidéo. Car à chaque nouvel arrivant, ce sont des promesses d'emplois créés qui tombent, comme pour Ubisoft qui vise les 50 collaborateurs sur un an, contre 20 personnes actuellement. Afin d'attirer les talents et les sociétés sur son territoire, Bordeaux a d’ailleurs un nouvel argument de choc en poche : sa nouvelle proximité avec Paris. En effet, la ligne LGV relie la capitale et la commune du Sud-Ouest en un peu plus de deux heures depuis cet été. Bordeaux, qui peut se prévaloir d’offrir aux habitants de la capitale française un cadre de vie privilégié, a ainsi lancé une opération séduction supplémentaire en invitant des chefs d'entreprises parisiens à rencontrer leurs homologues bordelais dans un voyage des deux côtés de la ligne de train.
Ce déplacement de Bordeaux à Paris, puis de Paris à Bordeaux a été organisé par le Club des entreprises de Bordeaux, Invest in Bordeaux et Bordeaux Métropole. L'initiative est en ligne avec la feuille de route économique, publiée fin 2016 par la ville. Feuille de route qui a notamment poussé à revoir l’organisation et la répartition des différentes institutions qui promeuvent le territoire. L’une d’elle : Bordeaux Gironde Investissement -qui s’occupait notamment de la prospection- est ainsi devenue Invest in Bordeaux, qui s’est recentrée sur l’accueil des entreprises. Ce changement de braquet vise à séduire les firmes qui voudraient s’installer dans la métropole.
Le voyage que nous évoquons aujourd'hui s’est déroulé la semaine dernière sous la houlette de Virginie Calmels (première adjointe au maire) qui, à cette occasion en a profité pour afficher son unité avec Alain Juppé -alors que la presse s’est faite écho des relations difficiles ces derniers temps entre les deux protagonistes. « Si Bordeaux s’est transformée c’est parce qu’il y a eu des projets pendant 25 ans », a indiqué le maire de la ville à l’occasion d’un dîner devant les chefs d’entreprises. L’élu peut en effet se targuer d’avoir mené à bien des changements qui ont réveillé la Belle endormie, tel que l'arrivée du tram. Les quais, autrefois infréquentables, sont devenus des lieux de vie ; la ville, bien longtemps aux façades noircies par le temps, a également retrouvé tout son éclat.
Revers de la médaille les prix de l’immobilier ont flambé ces derniers mois. Mais les représentants de Bordeaux se veulent rassurants, en tout cas pour les entreprises : « On construit beaucoup dans cette ville. On a la chance d’avoir encore beaucoup de foncier disponible », fait valoir Virginie Calmels. La cité du numérique verra ainsi jour dans les mois à venir. Si Bordeaux vise et peut déjà se prévaloir d’avoir quelques grandes sociétés sur son territoire comme Dassault ou Thales, les entreprises qu’elle attire sont plutôt des TPE-PME, voire des ETI. Lesquelles peuvent néanmoins travailler avec de grands groupes. C’est le cas d’Immersion, spécialiste de la 3D, qui travaille avec des Renault ou des Alstom. Cette société, qui propose des solutions de réalité virtuelle ainsi que des technologies 3D immersives et collaboratives innovantes, s’est cotée l’an dernier sur Alternext. « La Bourse a un maillage bordelais. On a eu un très bon soutien et un très bon accompagnement. Il n’y a pas forcément d’intérêt à vivre à Paris, on s’est très bien occupé de nous à Bordeaux, voire peut-être mieux car à Paris on aurait été des petits parmi les grands », explique son patron, Christophe Chartier.
Bordeaux mise aussi sur les jeunes pousses et met en avant son écosystème numérique. La ville a ainsi créé en 2013 Darwin, un espace qui accueille notamment sur la rive droite de la ville -lieu longtemps oublié- une pépinière. Cette dernière est dédiée aux start-up spécialisées dans l’économie verte, le développement durable ou encore l’innovation d’usage. C’est là qu’on retrouve notamment Solylend, plateforme de financement participatif consacrée aux prêts rémunérés pour les projets d’impact et ESS dans les pays émergents. « L’avantage d’être en incubation, c’est de pouvoir profiter de l’expérience et du réseau des autres entrepreneurs incubés, et d’avoir accès aux formations qui font partie du programme d’incubation. Celle-ci a été un levier de structuration et de réseautage important pour notre start-up, une expérience indispensable au parcours de l’entrepreneur 2 », explique son PDG et fondateur, Nicolas Pereira.
Des initiatives venues de l’extérieur sont également mises en avant par la ville. Crédit Agricole a ainsi ouvert cette année un « Village » à Bordeaux. Le but ? Etre un accélérateur pour les start-up. Ce sont ainsi 23 entreprises avec « un peu » de chiffre d’affaires et en développement commercial qui ont été sélectionnées pour cette première cuvée. Pour 200 euros hors taxe par poste et par mois, les firmes ont accès aux bureaux de Bordeaux du « Village by CA» mais aussi à tous les autre villages de la banque. Ce qui leur ouvre des portes à l'international, comme à New York par exemple. Les jeunes pousses sont aussi accompagnées par les partenaires du Crédit Agricole, tels qu'EDF. Ce terreau fertile parlera-t-il aux plus grands groupes ?
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