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Total n'hésite pas à mettre le paquet dans les énergies renouvelables
Si Total martèle depuis plus d’un an qu’il envisage de réduire drastiquement ses investissements et ses coûts opérationnels afin de traverser sans trop d’encombres la longue période de prix pétroliers très bas, la société française arrive en tête en matière d’investissements responsables. Avec 9 milliards de dollars investis depuis 2000, Total est effectivement la major pétrolière ayant le plus dépensé dans les énergies renouvelables, selon le classement établi par Bloomberg Intelligence. Le Français devance ainsi le britannique BP qui a dépensé 8,2 milliards de dollars sur la même période. L'histoire a montré que manquer la transition énergétique peut avoir des conséquences catastrophiques, explique un spécialiste cité dans l'étude, à l'image des banqueroutes en série dans le secteur du charbon aux Etats-Unis à l'époque de l'avènement des autres énergies.
Total a commencé à engager des dépenses dès 2009 dans le secteur, mais celles-ci ont singulièrement augmenté sur les cinq dernières années. BP a démarré un peu plus tôt (2005), mais n’a pas enclenché la vitesse supérieure ces derniers temps. Quant aux américains, ils restent loin derrière, même s'ils consacrent un peu d’argent à l'amélioration de leur empreinte énergétique. Total, pour sa part, a pour ambition de disposer de 20% d'actifs à faibles émissions d'ici à 20 ans. Ailleurs en Europe, Statoil commence aussi à se pencher sur la question, tandis que Royal Dutch Shell, plutôt en retard sur les autres majors du vieux continent, a lancé en mai un programme baptisé "New Energies", destiné à combler l'écart.
De son côté, Total explore la transformation de la biomasse pour proposer, à long terme, des produits bio-sourcés pour la chimie et les transports. Il détient à ce titre plus de 30% du capital de l'entreprise américaine Amyris. Le groupe dispose aussi d'un petit parc éolien dans le Nord et de participations minoritaires dans la société écossaise spécialisée dans les hydroliennes Scotrenewables Tidal Power et dans le parc solaire Shams 1 à Abu Dhabi. Enfin, il détient également Total Energy Ventures, une structure de capital-développement qui intervient en début de vie des projets, dont une quinzaine ont été financés en 2015. Globalement, le groupe prévoit de dépenser environ 500 millions de dollars par an dans les énergies renouvelables ces prochaines années. Tout récemment, il a acquis le spécialiste des batteries Saft, spécialisé dans les énergies renouvelables.
Rappelons que le leader français table désormais sur des investissements organiques d'environ 19 milliards de dollars cette année (contre 20 à 21 milliards précédemment), ce qui représenterait une baisse supérieure à 15% par rapport à 2015. Il entend également renforcer ses réductions de coûts opérationnels et prévoit d'économiser 2,4 milliards de dollars en 2016 par rapport à 2014, pour atteindre en 2017 un montant global supérieur à trois milliards, et vise 4 milliards de cessions d'actifs en 2016, soit le même niveau qu'en 2015.
La compagnie, ne réagit pas vraiment à ces annonces ce matin en restant stable par rapport à hier. Elle gagne 5,4% depuis le début de l’année mais lâche encore 2,4% sur un an.
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