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M&A: l’Europe sera au centre de l’attention en 2018

Les fusions-acquisitions ont atteint 3.500 milliards de dollars en 2017, grâce au rebond des méga deals en fin d’année. Surtout, avec la montée de l’activisme et une croissance économique bien orientée, l’Europe présente le plus gros potentiel M&A pour la nouvelle année.
M&A
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Si les corporates ont mis un peu de temps à lancer leurs opérations de M&A en 2017, elles se sont bien rattrapées en fin d’année, ce qui a permis de clôturer le millésime à l’équilibre. Selon Thomson Reuters, les opérations ont atteint 3.500 milliards de dollars l’an passé, en baisse de 1% sur un an et tout de même le plus bas niveau depuis 2013. L’année a commencé sur les chapeaux de roue plutôt en Europe, alors que les Etats-Unis digéraient l’arrivée surprise de Donald Trump à la présidence. Mi-janvier, cocorico ! C’est Essilor qui ouvre le bal, en annonçant une fusion à 45 milliards d’euros avec l’italien Luxottica, opération qui est toujours sous l’enquête de l’Union européenne. Dix jours plus tard, l’américain Johnson & Johnson faisait une offre à 30 milliards de dollars sur le suisse Actelion. En mai est tombée la plus grosse opération européenne - encore en cours - de l’année : celle sur Abertis avec une première offre d’Atlantia (holding de la famille Benetton) à 15,6 milliards d’euros, mais qui a subi une surenchère de la part de l’allemand Hochtief, à 17 milliards d’euros.

Après avoir réalisé que l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche n’avait pas donné lieu à de grande volatilité des marchés mais au contraire une flambée optimiste, les CEO américains sont repartis à la chasse aux deals dès l’été. Et notamment avec la transaction la plus emblématique de l’année : le rachat de Whole Foods par Amazon, qui a rappelé à l’ordre tous les grands acteurs traditionnels sur le besoin de se renouveler face à la menace permanente des géants de la tech. « Le premier semestre 2017, était plus petit et tactique aux Etats-Unis, tandis que le second est tiré par des changements profonds dans la structure des secteurs », analyse Michael Carr, global co-head M&A chez Goldman Sachs. « Si la structure de votre industrie change, vous devez la devancer ou y répondre rapidement ».

Des méga deals s’en sont suivis : pour prévenir l’entrée d’Amazon dans la santé, la chaîne de pharmacies CVS a racheté Aetna pour 69 milliards de dollars. La vente de 21st Century Fox à Disney pour 66 milliards de dollars, afin de se prémunir contre la concurrence de Netflix et autres. Et côté retail, cela a incité la famille australienne Lowy à céder Westfield à Unibail-Rodamco pour 24,7 milliards de dollars - ce qui a permis à la France de clôturer l’année à nouveau sous les feux des projecteurs. De manière générale, l’Europe est sans aucun doute le continent le plus prometteur à l’aube de cette nouvelle année. « Avec le retour de la croissance économique et de bonnes conditions de financement, nous sommes partis pour une bonne année M&A en Europe en 2018, alors que les sociétés essaient de créer des champions européens sur le continent », selon Alison Harding-Jones, responsable M&A EMEA chez Citigroup.

Autre facteur de poids : les activistes, qui ont fait leur entrée chez les plus grands fleurons européens comme Danone et Nestlé et devraient peser en faveur de deals transformants. En outre, l’échec du rapprochement entre Kraft Heinz et Unilever, un deal à 145 milliards de dollars qui a donné le déclic à d’autres, comme Unilever qui a vendu sa branche de produits à tartiner à KKR pour 6,8 milliards d’euros, une des plus grosses opérations private equity de l’année. 2017 a également été le retour des OPA hostiles, et en particulier la plus grosse OPA de l’année, celle de Broadcomm sur Qualcomm dans les semi-conducteurs, à 130 milliards de dollars et qui n’a pas encore abouti. En France, l’année s’est clôturée avec la contre-offre de Thales, qui a emporté Gemalto pour 4,7 milliards d’euros aux dépens d’Atos. Un scénario qui pourrait se reproduire à l’avenir, si les valorisations restent au sommet.

Les conditions sont en tout cas réunies aux quatre coins de la planète, avec le retour de la croissance mondiale. « L'essentiel de 2017 a été assez lente en termes de méga deals… Nous pensons que le momentum autour des grandes opérations va continuer l’an prochain étant donné que nous voyons de nombreux secteurs subir des changements stratégiques et plus de consolidation», prévoit Marc Nachmann, co-head de l’investment banking chez Goldman Sachs. De très bonnes nouvelles aussi pour le millésime bonus des banquiers d’affaires.


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