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Comment le changement climatique pousse les grandes sociétés françaises à innover
A l’instar des 80 sociétés qui se sont réunies autour de Barack Obama, 39 grands groupes français ont annoncé ce matin leurs initiatives en faveur du climat. A quelques jours de l’ouverture de la COP21, les acteurs du monde de l’entreprise se sont réjouis de l’engagement des milieux économiques par rapport à la dernière conférence sur les changements climatiques de Copenhague en 2009. Les signataires hexagonaux, qui représentent pas moins de 1 200 milliards d’euros de chiffre d’affaires, prévoient notamment au moins 45 milliards d’euros d’investissements industriels et de R&D dans les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et d’autres technologies bas carbone, mais aussi 80 milliards de financements pour des projets contribuant à la lutte contre le changement climatique.
La communication autour de ce document a permis de montrer, comme l’a bien résumé Patrick Pouyanné DG de Total, que les engagements des entreprises relèvent plus de «l’opportunité que de de la contrainte ». D’ailleurs Denis Kessler, PDG de Scor, a rappelé que « la solution passera par plus de recherche, plus d’innovation » et par le « partage d’expérience ». Et l’homme sait de quoi il parle puisque le monde de l’assurance, proportionnément peu émetteur de Co2 par rapport à certaines autres industries, est en première ligne pour ce qui est des impacts des changements climatiques.
En outre, s’il y a bien un autre domaine d’activité qui ne peut qu’acquiescer au principe selon lequel une grande entreprise ne peut prospérer que dans une société qui elle-même va bien, c’est celui de la grande distribution. « Du fait de cette dépendance au climat, nous avons dû développer des solutions collectives. Il faut un effet d’entrainement : lorsque l’on trouve la bonne idée, il faut la rendre accessible à tous. Plus elle est reprise, mieux c’est. Il ne faut pas en faire un atout concurrentiel », explique Jérôme Bédier, Secrétaire Général et DG délégué du groupe Carrefour. Et d’ajouter : « Il faut investir, innover et accepter certains surcoûts. Néanmoins, une partie de ces coûts permet de faire des économies et d’autres créent de la valeur ».
Par exemple, Carrefour supprime les hfc (1 kilo de ce fluide frigorigène = 3 000 kilos de Co2) dans ses nouvelles installations de centrales froid pour alimenter les rayons frais et surgelés et a choisi une technologie utilisant du Co2. « En matière de RSE, on obtient des résultats quand une bonne idée devient un standard, ce qui permet aussi de réduire les coûts », précise Jérôme Bédier. D’où le dialogue ouvert sur ce type de sujets avec des concurrents. Ce qui est assez rare pour être souligné. « Les technologies qui permettent de réaliser des efforts sont aujourd’hui disponibles. Elles sont de déploiement relativement simple et elles permettent à ceux qui les déploient de rentrer dans leurs investissements généralement dans un délai de 4 à 5 ans », estime pour sa part, Luc Rémont, président de Schneider Electric.
Toutefois, les réductions de gaz à effet de serre devraient rester la priorité. « Nous avons d'abord pour objectif de réduire nos émissions et c’est la toute première étape. Ensuite nous souhaitons aller plus loin à travers l’innovation et c’est un grand enjeu », estime Alexandra Palt, Directrice Responsabilité Sociétale et Environnementale de L’Oréal, qui ajoute qu’il doit s'agir d'une stratégie complètement intégrée dans l’entreprise et non pas d’une ligne budgétaire qui serait à côté. Cette priorité fait d’ailleurs l’objet d’engagements de la part des sociétés : comme Danone qui souhaite réduire ses émissions de 50% entre 2015 et 2025. Ou encore les grandes banques françaises qui ont promis de multiplier les financements aux énergies renouvelables ou de ne plus financer les centrales électriques à charbon.
A ce sujet, les entreprises ont appelé ce matin les participants de la COP 21 à avancer sur des « mécanismes de tarification carbone, reliés entre eux, dans les principales régions économiques ». Une bonne idée selon la spécialiste RSE de L’Oréal : « Il faut un instrument qui poussera tout le monde dans cette voie-là ».
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