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Elections allemandes : la victoire d'une "grande chancelière"

Au lendemain des élections au Bundestag et du nouveau sacre d'Angela Merkel, les médias saluent le travail de la dirigeante, tandis que son allié, le FDP, est brisé et humilié.
C'est avant tout la victoire d'une femme. Au lendemain du triomphe électoral d'Angela Merkel, la Frankfurter Allgemeine Zeitung parle de "la victoire d'une grande chancelière". Proche de la majorité absolue, c'est "une démonstration de pouvoir", pour die Zeit. Le Sueddeutsche Zeitung titre sobrement "la triomphante", alors que Merkel remporte ces élections pour la troisième fois. Le Sueddeutsche Zeitung souligne "qu'avec cette victoire électorale, elle se place désormais presque à côté de Konrad Adenauer, qui, en 1957 pour la première et seule fois jusqu'à présent dans l'histoire de la République, avait obtenu la majorité absolue pour l'Union". Pour le quotidien Die Welt, "Angela Merkel a gagné sans son parti. Elle plait tellement aux allemands car elle avance dans son travail de manière discrète, visiblement sans narcissisme et elle n'énerve ni ne dérange les citoyens". Die Welt s'interroge cependant sur la suite : "Mais est-ce que cela va suffire? Sa victoire est une réussite sans clarté ni direction, c'est une victoire de l'attitude. Maintenant, Angela Merkel n'a plus rien à perdre. Elle pourrait sortir de sa couverture. Elle devrait probablement utiliser sa dernière période de législature pour être active en terme de réformes pas seulement en Europe, mais aussi à la maison. Elle ne va pas pouvoir vivre de l'héritage de Gerhard Schröder quatre années supplémentaires". Avec 41,5% des suffrages, la chancelière Merkel va devoir trouver un allié. Son ancien partenaire, le parti libéral FDP est "brisé, a échoué dans son propre orgueil, [...] humilié", estime le Spiegel. En effet, il ne franchit pas la barre des 5% qui lui aurait permis de siéger au Bundestag. Avec 4,8% des suffrages, les libéraux perdent 9,8 points par rapport aux élections précédentes de 2009. "Avec la sortie du FDP du Bundestag, l'économie allemande ressent un grand regret, rapporte le Handelsblatt. Des représentants d'entreprises et des experts de l'économie ont exprimé une certaine préoccupation dimanche soir". Le parti euro-sceptique Alternative für Deutschland échoue lui aussi à quelques mètres du Bundestag, avec 4,7% des voix. "Est-ce que la grande coalition arrive maintenant ?", s'interroge le Spiegel, au sujet d'une éventuelle alliance CDU/CSU-SPD. "La direction du SPD freine les spéculations sur une alliance avec l'Union", précise cependant l'hebdomadaire. Le parti garde en effet un très mauvais souvenir de l'alliance avec Merkel, lors de son premier mandat, en 2005. Pourtant, pour la Sueddeutsche Zeitung, "Merkel n'a désormais plus qu'à choisir". Si ce n'est pas le SPD, cela pourrait être les Verts, qui obtiennent 8,3%, un score décevant pour le parti. Mais pour Die Zeit, "aucune des deux options n'est confortable". Côté régulation, Yves Mersch, membre du directoire de la BCE, a indiqué dans les colonnes du Handelblatt que la BCE ne commencerait pas à superviser les grandes banques européennes tant que le système de financement d'éventuelles recapitalisations ne sera pas mis en place. "Nous ne commencerons pas avant que les gouvernements se soient accordés sur un filet de sécurité, un financement d'urgence pour couvrir les besoins de recapitalisation" qui pourraient être mis au jour dans le cadre de nos examens, a-t-il déclaré dans une interview. La BCE doit en principe commencer à superviser le système bancaire de la zone euro l'an prochain, après avoir évalué les risques figurant aux bilans des banques de la région.
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