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Goldman Sachs et Morgan Stanley en danger sur leurs dividendes?
Il fut un temps où les stress tests bancaires faisaient la Une des journaux pendant une semaine, et faisaient transpirer les institutions des mois à l’avance. Rien de tel aujourd’hui, tant elles semblent mieux armées pour affronter une nouvelle tempête systémique. Ainsi, la première partie des stress tests réalisés par la Fed auprès de 34 banques américaines a été dévoilée jeudi après-midi, et elles l’ont toutes passé haut la main. Dans le pire des scénarii, les banques seraient bien au-dessus du ratio de common equity tier one de 4,5% exigé par la Fed, puisque la plus faible serait à 6,7%. Les grandes banques ont même plus de marge que l’an passé : JP Morgan, Goldman Sachs, Bank of America et Citi détiennent à elles seules 79 milliards de dollars de capital excédentaire.
De tels résultats sont certes en phase avec l’argumentaire de l’administration Trump, qui répète à l’envie que la régulation financière est allée trop loin. Le gouverneur de la Fed qui supervisait ces stress tests, Jerome Powell (un Républicain, ancien gérant de private equity), a lui-même indiqué que certaines règles devraient être revues, maintenant que les banques sont suffisamment capitalisées. « En prenant en considération les progrès pour améliorer la résilience et la survie de notre industrie bancaire, il est important pour nous de chercher les façons de réduire les charges inutiles », a-t-il déclaré. Le pouvoir législatif est déjà passé à l’acte : la Chambre des Représentants a voté un allègement considérable du Dodd-Frank Act au début du mois, et le texte doit maintenant être discuté au Sénat.
Néanmoins, il existe un petit bémol. Deux mastodontes de Wall Street ont enregistré un résultat plus faible sur un nouveau ratio mis en place cette année : le ratio de leverage supplémentaire, qui mesure leur endettement total, y compris les expositions hors bilan. Dans le pire scénario, ce ratio tomberait à 4,1% pour Goldman Sachs et 3,8% pour Morgan Stanley, soit le plus bas niveau de toutes les banques et proche du seuil de 3% requis par le régulateur. Leur statut de banque d’investissement signifie qu’elles ont aussi des transactions repo ou encore des dérivés de gré à gré.
Cette légère faiblesse pourrait leur poser problème pour la deuxième partie qualitative des stress tests, lorsqu’elles exposent leurs plans de distribution aux actionnaires. Le régulateur peut décider arbitrairement d’allouer une surcharge supplémentaire à telle ou telle institution, et ainsi contrer ses plans de distribution de dividendes, une mauvaise nouvelle pour les actionnaires qui veulent bénéficier de leurs bons résultats et cours de Bourse record. A moyen terme cependant, l’administration Trump devrait s’atteler à détricoter une grande partie de ces stress tests, et compte même exonérer les banques ayant moins de 50 milliards de dollars d’actifs, contre 10 milliards aujourd’hui.
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