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Brexit: Michel Barnier confirme la fin du passeport européen
Michel Barnier a utilisé la carotte et le bâton ce matin pour tenter de faire pression sur le gouvernement May et l'inciter à présenter la facture du Brexit le plus rapidement possible, alors que les 27 doivent se prononcer sur l'avancée des négociations le 15 décembre prochain. Le commissaire en charge du Brexit a ainsi affirmé qu'il était tout à fait possible que l'UE et la Grande-Bretagne s'entendent sur "un accord de libre-échange ambitieux", mais que le pays n'était cependant pas la priorité commerciale de l'UE. "L'UE est prête à accorder des conditions commerciales avantageuses et ambitieuses type ALE, mais nos relations futures ne sauraient se limiter à des échanges marchands. Elle devra être fondée sur des valeurs communes, telles que la sécurité des citoyens et la lutte contre le crime et le terrorisme", a ainsi affirmé Michel Barnier, lors d'une conférence organisée par le Centre for European Reform.
Le commissaire n'a certainement pas choisi l'argument du libre-échange au hasard, alors que le gouvernement de Theresa May plaide depuis de longues semaines pour entamer la deuxième phase des négociations sur le Brexit, concernant les relations commerciales entre l'UE et l'île britannique. Mais les européens ont pour l'instant tenu bon et refusé de commencer à discuter de ce sujet tant que les questions prioritaires, dont le règlement de la facture, ne seraient pas réglées. Selon la presse britannique, le gouvernement serait en train de préparer une offre de 40 milliards de livres pour régler les engagements financiers du pays vis-à-vis de l'UE.
Michel Barnier a en tout cas affirmé ce matin que les britanniques n'auraient plus accès au système de passeport européen -qui permet à une société de gestion, ayant obtenu un agrément par l’autorité de son pays d’origine, d‘exercer ses activités dans toute l’Union européenne, ou dans un Etat partie à l’accord sur l’Espace économie européen (EEE) sans accord préalable de cet Etat- une fois sortis de l'UE. "La conséquence légale de la sortie de la Grande-Bretagne de l'UE est qu'elle n'aura plus accès au passeport européen", a affirmé le commissaire, soulignant que ce système permettait aux anglais d'accéder à un marché de 500 millions de consommateurs et de 22 millions d'entreprises. Plus de 5.400 entreprises du pays utilisent actuellement le passeport, apportant plus de 9 milliards de livres au pays, selon les estimations de Business Insider. De quoi inquiéter l'industrie financière londonienne, aux abois depuis plusieurs mois devant les faibles avancées du gouvernement britannique dans les négociations sur le Brexit, et notamment la préservation des intérêts de l'industrie. Sam Woods, sous-gouverneur de la Banque d'Angleterre, a d'ailleurs confirmé des chiffres dévoilés par un sondage Reuters en septembre, selon lequel 10.000 emplois dans la finances pourraient être transférés de Londres au Vieux Continent en raison du Brexit.
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