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Bilan du CAC : une année blanche pour 2014

L’indice boursier français a clôturé 2014 autour des niveaux de fin 2013. Cette année blanche marque cependant de fortes disparités sectorielles, les télécoms ayant largement surperformé, tandis que l’industrie et l’énergie ont été en berne.
Evolution du Cac 40 sur 2014
Evolution du Cac 40 sur 2014

Le CAC 40 a donc clôturé l’année à 4272,75 points contre 4295,95 points le 31 décembre 2013, soit une performance de -0,5% sur un an. En tenant compte des dividendes détachés qu’ont perçus les acheteurs d’actions cependant, 2014 a tout de même terminé légèrement dans le vert, à 2,5% environ. Les bourses européennes dans leur ensemble n’ont pas fait beaucoup mieux puisque l’Eurostoxx a également connu une année quasi « flat », à 3144 points contre 3059 points fin 2013.

Le marché du Vieux Continent a donc été en retrait par rapport à la bourse américaine, dont les principaux indices ont eux gagné deux à cinq fois plus. « En 2014, faire le choix des marchés actions européens s’est révélé un mauvais pari. Pour être gagnant, mieux valait avoir privilégié le marché américain », explique ainsi Vincent Ganne, analyste chez FXCM.

Reste que cette apparente stabilité de l’indice CAC 40 cache en réalité de fortes disparités sectorielles ; ainsi Orange aura connu une incroyable performance, dépassant de très loin celles du top ten français. L’entreprise de Stéphane Richard a effectivement progressé de 57% sur un an, contre une hausse de 29% pour Valeo, la seconde plus belle performance de l’année, de 24,4% pour Veolia Environnement et 21% pour CapGemini. « Le second titre du top ten n’a même pas atteint 50% de la performance d’Orange », souligne encore Vincent Ganne. Une chance pour la plupart des épargnants français, puisque ce titre de la société de téléphonie est généralement très bien représenté au sein des portefeuilles traditionnels. Son succès boursier résulte à la fois d’un phénomène de rattrapage par rapport à ses homologues européens, mais également d'une très bonne année pour le secteur sur le Vieux Continent, en termes d’opérations capitalistiques avec nombre de rapprochements et de rachats tels celui de SFR par Numericable, d’Orange Suisse par Illiad ou de Portugal Telecom par Altice. « Lorsqu’il y a une dynamique de rapprochement dans un secteur, cela attire les épargnants et les investisseurs » explique encore Vincent Ganne.

L’industrie, les matériaux de base et l’énergie ont en revanche connu une mauvaise année sur les marchés, et sont les 3 secteurs qui ont le plus souffert sur les places européennes. En France, Arcelor et Technip ont ainsi connu les plus fortes baisses de l’année, avec un cours proche de -30%. « Les secteurs qui ont le plus baissé sont ceux qui sont le plus liés à l’économie réelle », explique encore l’analyste de FXCM. Loin derrière mais dans le rouge également, Total a dévissé de près de 5%. Une mauvaise performance qui s’explique naturellement par la chute des prix du pétrole, qui a d’ailleurs impacté la plupart des entreprises du secteur (Technip, CGG…). Les financières s’inscrivent en milieu de tableau, avec une baisse de 13% pour BNP Paribas et de 17% pour la Société Générale. Les activités de banque de détail des financières ont effectivement été pénalisées par des taux d’intérêt au plus bas, qui ont pesé sur leur partie prêts et crédits aux particuliers.

Si l’année 2014 aura été marquée par une surperformance du marché américain et de certains secteurs en Europe, il est difficile de prévoir si les bourses européennes rattraperont leur retard l’an prochain. 2015 sera néanmoins marquée par une divergence grandissante entre les deux continents, avec la fin de la politique monétaire accommodante aux Etats-Unis et une probable remontée des taux dès le second semestre, alors que la BCE pourrait annoncer un programme de quantitative easing dès les premiers mois de l’année prochaine. Dans ces conditions, le dollar devrait continuer de s’apprécier et les rendements des obligations européennes baisser encore sur la première partie de l’année. Dans un contexte encore incertain, les analystes recommandent donc une stratégie de stock-picking sur le marché actions européen, avec l’espoir que le baril se stabilise aux prix actuels, ce qui pourrait entraîner un retournement intéressant sur les sociétés pétrolières.


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