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L’Oréal : la pression pèse toujours sur Nestlé

L’activiste Third Point a adressé une lettre ouverte pour féliciter le groupe suisse de ses dernières décisions, mais aussi l’inciter à faire encore plus. Une allusion à peine voilée à sa participation dans L’Oréal, qui n’est pourtant pas une opération simple à placer.
L'Oréal
L'Oréal

Les politiques ont semble-t-il la capacité de retourner facilement leur veste. Les démocrates l’ont démontré ce lundi, lorsqu’après seulement quelques heures, ils ont finalement accepté de voter le budget sans obtenir immédiatement le maintien du statut des Dreamers – ces descendants d’immigrés illégaux – afin de mettre fin au « shutdown » de l’administration fédérale. Mais il en faut beaucoup plus pour faire changer un activiste d’avis. Ainsi Third Point, le fonds emmené par Daniel Loeb et actionnaire de Nestlé, a publié le même jour une lettre ouverte au management de la société suisse afin de la féliciter des changements décidés depuis son entrée au capital, mais aussi maintenir la pression pour qu'elle en fasse encore davantage.

Third Point, qui a investi 3,5 milliards de dollars pour prendre pied chez Nestlé en juin dernier – soit 1,25% du capital – a donc profité de ce début d’année pour faire un point d’étape. Il salue ainsi les efforts de la société dirigée par Mark Schneider depuis un an afin d’augmenter le rendement pour les actionnaires, notamment via les rachats d’actions, et de nouvelles nominations au board. « Ces actions sont des étapes importantes dans la bonne direction qui montrent clairement que Nestlé répond à nos demandes de changements », félicite l’activiste, avant de maintenir la pression : « Nous espérons que maintenant que Dr Schneider a fini sa première année et qu’il y a du sang neuf dans le board, la société sera capable d’avancer avec plus de célérité ».

Ces derniers mois, Nestlé n’a en effet pas chômé pour réduire son exposition à son activité traditionnelle de snacks, et développer une offre de produits plus sains. Il vient ainsi de vendre sa filiale américaine de barres chocolatées et friandises à l’italien Ferrero pour 2,8 milliards de dollars et, au début du mois, a annoncé l’acquisition d’un fabricant canadien de vitamines, Atrium innovations, pour 2,3 milliards de dollars. Mais ce ne sont qu’un « faible nombre de petits deals » pour l’investisseur, qui aimerait que le dirigeant clarifie sa stratégie.

En outre, à la suite des demandes de son actionnaire, Nestlé a augmenté son programme de rachats d’actions à 20,8 milliards de dollars et a fixé un objectif de marge opérationnelle afin d’optimiser sa rentabilité. Enfin, il a appelé le groupe suisse à faire « une revue attentive » de son bloc de 23% dans L’Oréal, qui n’a plus autant de portée stratégique que par le passé. « Si cet investissement, fait en 1974, a produit des retours excellents historiquement, cela n’est pas une raison suffisante pour maintenir le statu quo. Aujourd’hui, il n’est pas clair en quoi détenir une minorité dans un groupe de cosmétique fait de Nestlé un groupe plus fort dans la nutrition, la santé et le bien-être », a-t-il martelé.

L’arbitrage de ce bloc de 23,8 milliards d’euros est certes particulièrement sensible dans le contexte actuel, en particulier depuis la mort de Liliane Bettencourt. A la fin de la période de lock-up de six mois, soit en mars prochain, chaque partie pourrait monter au capital de l’autre, mais le scénario le plus envisagé serait un rachat de cette part par L’Oréal, grâce à la vente de son propre bloc dans Sanofi. « Tout ce que nous voudrions faire devrait être envisagé très prudemment », avait déclaré à demi-mot Mark Schneider en septembre dernier. Qui sait aussi que le rendement offert par L'Oréal constitue un matelas financier régulier pour envisager d'autres acquisitions stratégiques.


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