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Sur les marchés
IPO : les sociétés européennes lèvent davantage qu’aux Etats-Unis
C’est une véritable résurrection des introductions en Bourse à laquelle on assiste depuis maintenant un an en Europe, et plus particulièrement sur Euronext. C’est sur cette note très positive que Greg Revenu, cofondateur et managing partner de Bryan Garnier, a tenu à ouvrir la conférence sur les IPO, événement annuel auquel la banque d’affaires avait dû renoncer depuis plusieurs années, faute d’activité. En 2013, le marché européen a accueilli 216 introductions en Bourse, en hausse de 25% grâce à une hausse plus marquée au deuxième semestre.
C’est encore loin des 500 opérations de 2007 ou encore des 1000 de l’an 2000, mais le mouvement perdure. Plus étonnant, le Vieux Continent est même le plus actif en termes de montants levés: au premier trimestre, 60 IPO ont collecté 14 milliards d’euros en Europe, contre 75 opérations pour 9 milliards aux Etats-Unis ! Les nouveaux entrants ont sans nul doute profité de la désaffection récente pour les marchés émergents, et du retour des investisseurs américains, qui ont abondé 96 milliards de dollars dans les equities européennes au premier trimestre, un record depuis 1977. Il faut dire que le marché midcap surperforme, avec un indice PME en hausse de 120% en 2013 contre 18% pour le CAC40.
En France, l’IPO de la biotech Erytech Pharma en avril 2013 a contribué à réveiller le marché et pas moins de 16 entreprises ont déjà réussi à lever 438 millions d’euros pour leur entrée sur les marchés depuis le début de l’année, contre 26 l’an passé. « A ce rythme, il est probable que le premier semestre 2014 sera plus dynamique que 2013 », pronostique Eric Forest, P-dg d’Enternext. L’objectif est à terme de parvenir au rythme usuel de la place AIM à la bourse de Londres, soit 80 introductions par an.
Les introductions ont pour le moment largement concerné des biotechs-medtechs, ce qui n’est pas neutre au niveau de la préparation. Ces entreprises n’ont en général pas ou peu de revenus et évoluent sur des métiers très pointus, d’où la nécessité de nouer des partenariats afin de valider le business model et afficher un calendrier de résultats. Les investisseurs boursiers n’ont pas le même timing que des fonds de capital risque, il est donc essentiel de fixer un projet simple et pédagogique, et surtout de démontrer sa capacité à délivrer ses objectifs. Cela passe par l’élaboration d’un document de base long, dense et souvent laborieux pour les managers, mais qui est véritablement structurant et a une valeur stratégique pour l’entreprise et ses futurs actionnaires.
Car la rotation du capital est bien l’enjeu pour les actionnaires de la première heure, à savoir des fonds dans 70% des cas dans les IPO parisiennes. Une introduction ne signifie pas une liquidité totale et immédiate pour le VC, mais peut en revanche lui permettre de continuer à participer au projet s’il voit encore un upside. Mais le but reste en général à moyen terme, une fois la période de lock-up expirée, de placer la majorité du capital sur le marché et d’accroître ainsi l’indépendance de la société, par rapport à une cession industrielle. Surtout, les avantages d’une telle exposition et liquidité sont primordiaux à long terme : pouvoir placer son capital très rapidement et lever des capitaux, ou encore se faire racheter via une OPA sans aucune garantie de passif, comme dans le cadre d’un rachat privé classique. Cela vaut bien les deux à trois mois passé par le dirigeant à préparer le son de cloche de son IPO.
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