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Actionnaires, méfiez-vous des importantes M&A !

Sur une période de 10 ans, les fusions et acquisitions de grande ampleur entre sociétés non financières ont réduit les bénéfices des actionnaires de 1,7%. A l'inverse la multiplication des deals a permis aux investisseurs de gagner 2,8% supplémentaires.
Plus les fusions et acquisitions sont importantes, moins les actionnaires y gagnent. C'est en substance les résultats d'une étude menée par le cabinet McKinsey sur les mariages des sociétés non bancaires entre 1999 et 2010. Pour en arriver à un tel résultat, les auteurs ont classé les ententes en fonction des tactiques adoptées. La stratégie la plus répandue est dite "sélective". Dans cette première configuration, les entreprises réalisent peu d'opérations mais ces dernières sont censées augmenter solidement la capitalisation boursière des intéressées. Dans les faits, elle permet aux actionnaires d'augmenter leurs bénéfices de 2%. Dans le domaine des produits médicaux, cette stratégie a rapporté 6,4% de plus aux investisseurs sur la période. En revanche, dans le secteur des hautes technologies, les actionnaires ont perdu 2,6%. Mais les sociétés les plus prospères ont été celles qui ont utilisé la stratégie "programmatique". L'ont notamment adopté : IBM et Walt Disney Company. Dans ce cas de figure, les sociétés se lancent dans de nombreuses opérations avec l'espoir de valoriser de façon conséquente leur capital en bourse. Elle permet un rendement médian supplémentaire de 2,8% pour les actionnaires, voire plus dans les domaines des biens discrétionnaires (+4,2%) et des télécoms (+ 4,5%). Là encore le secteur des high-tech est à la peine (-1,2%). Viennent ensuite les entreprises qui concluent de nombreux accords mais sans chercher à augmenter leur capitalisation boursière plus que de raison. Il s'agit du plan intitulé "tactique ". Ce dernier a rapporté 1,3% de plus aux actionnaires. Il s'agit de la stratégie adoptée par Manufacturer Foxconn Electronics qui a prospéré grâce à une vingtaine de petits deals enregistrés sur 10 ans. Pour ce qui est des "gros deals", menés dans des secteurs dont la croissance est rapide, le rendement total du placement pour les actionnaires est estimé à -12% sur les cinq années suivant l'opération, contre +4% dans les secteurs où la croissance est molle. Ce qui revient à une perte médiane pour les actionnaires de 1,7% sur 10 ans. McKinsey explique ce phénomène par le fait que les entreprises se focalisent sur les questions d'intégrations au lieu de mettre à jour leurs cycles de production ou de créer de nouveaux produits. Reste enfin, les entreprises qui ne se lancent pas dans les fusions et acquisitions, celles qui optent pour une croissance "organique". Sur la période 1999/2010, ce modèle a permis aux actionnaires d'augmenter leurs gains 2%. Mais ce chiffre reflète de nombreux écarts. Par exemple, l'assurance a rapporté 9,8% de plus aux investisseurs alors que dans le secteur des produits manufacturés, ils ont perdu 5,2%.
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