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Challenges de taille pour Bourbon

Les actionnaires de Bourbon sont appelés à approuver le projet de diversification dans le gaz le 26 mai en AG. Jacques de Chateauvieux, à la tête de 58% des parts ne votera pas, répondant aux nouveaux préceptes de l'AMF. Par ailleurs, le groupe cherche 200 millions pour financer la construction de nouveaux navires.
Jacques de Chateauvieux
Jacques de Chateauvieux

La période est cruciale pour le groupe de Jacques de Chateauvieux dont le holding de tête Jaccar Holding est en train de préparer une très importante opération de cession d’actifs à sa filiale, Bourbon, spécialisée dans les services parapétroliers offshore. Cruciale à deux titres. D’abord parce que la transaction doit encore recevoir l’aval des actionnaires de Bourbon conviés en assemblée générale le 26 mai. Or, soucieux de suivre les principes récemment édictés par l’AMF recommandant aux entreprises réalisant des opérations structurantes relevant de conventions règlementées d’exclure du vote les majoritaires, Jacques de Chateauvieux (qui possède 58% des parts) a prévu de ne pas voter. Seront donc décisionnaires plusieurs familles fondatrices de l’entreprise (à la tête d’environ 17% du capital), les investisseurs institutionnels (dont la Financière de l’Echiquier avec un peu plus de 5%) et les porteurs particuliers.

Ils auront donc à juger de l’opportunité de racheter pour 320 millions de dollars (+389 millions de dollars de dettes), différentes entités permettant à la société de se tourner résolument vers un nouvel axe : le gaz. L’occasion pour Bourbon de s’extraire un peu du secteur pétrolier, aujourd’hui en perte de vitesse. L’idée est claire : il s’agit ici d’acquérir notamment un armateur détenant une flotte de 17 navires de transport de gaz (éthane, éthylène et gaz liquéfiés), appelé à profiter d’une très forte demande de la part de l’Asie très consommatrice de plastiques. « C’est aujourd’hui le produit le plus compétitif, assorti d’importantes garanties pour les transporteurs puisque ce trafic s’inscrit dans le cadre de contrats de très long terme nous permettant de sécuriser notre business », affirme à WanSquare Jacques de Chateauvieux.

Pour ce faire, il faut aussi construire de nouveaux bateaux dotés des dernières normes indispensables et des nouvelles trouvailles pour optimiser les coûts, à la faveur de dispositifs digitaux toujours plus innovants et prisés de la clientèle. Ces constructions ont un coût et c’est là le deuxième challenge de Bourbon aujourd’hui : il lui faut trouver de nouveaux financements pour un montant de 200 millions d’euros auprès de ses banquiers. Et plus particulièrement un prêt relais puisque Jacques de Chateauvieux se fait fort de vendre rapidement les navires dès leur livraison pour n’en conserver que la location, comme le font au quotidien les distributeurs avec leurs magasins.

Au total, cette incursion dans le gaz devrait coûter 1 milliard d’euros au groupe de Jacques de Chateauvieux en y intégrant la dette. Soit un pari d’envergure (que vient aussi de faire Total) que certains pourraient toutefois trouver prématuré compte tenu de l’état de santé du secteur pétrolier. « La construction des navires prendra du temps et il est évident que d’ici peu la demande de pétrole va repartir en flèche, tout comme les investissements dans le secteur. A ce moment, il faudra être prêt pour satisfaire une demande qui redémarrera brutalement et paiera cher pour ce type de service », assure le patron de Jaccar qui profite d’ailleurs de cette opération pour reprendre les pleins pouvoirs chez Bourbon.

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