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Sur les marchés
L'UFC-Que Choisir alerte sur les plateformes de crowdlending
Porté par les faibles rendements des produits d'épargne traditionnels et facilité par un cadre juridique souple, le développement des investissements alternatifs a connu depuis 2013 une croissance exponentielle, pour atteindre en France près de 270 millions d’euros en 2015. L’UFC-Que Choisir, qui a passé au crible les pratiques de 17 plateformes de financement participatif, promettant des rendements élevés avec un risque minimum de perte en capital, a dévoilé aujourd’hui les résultats de son étude. Selon l’organisme, les acteurs des placements participatifs fournissent un service médiocre aux consommateurs. Ainsi, les hypothèses de gains seraient souvent surévaluées et les risques de défaut des entreprises minimisés. Au final, par un manque de transparence et de loyauté, le consommateur finance une entreprise sur une sélection hasardeuse.
En effet, selon Alain Bazot, président de l’institution, « Il est indispensable que les risques encourus soient clairement identifiés et que les gains potentiels ne soient pas surévalués ». L’estimation de l’UFC des rendements auxquels peuvent s’attendre les consommateurs montre qu’en raison des défauts d’entreprises prévisibles, ils seraient proches, voire inférieurs à celui du Livret A, donc loin des 7% en moyenne promis. Concrètement, l'organisme assure que le taux de défaut au bout de 3 ans est de 10,1%, soit 5 à 10 fois supérieur au risque communiqué par certaines plateformes. L’UFC dénonce aussi un modèle économique pervers, les plateformes, rémunérées en fonction de la taille des émissions ayant tout intérêt à pousser à la consommation. De même, certaines entreprises ne jouent-elles pas le jeu d'une parfaite transparence au niveau de la publication de leurs comptes.
Si l'association UFC-Que choisir ne remet nullement en cause l'utilité de ce mode de financement, elle appelle à une régulation plus stricte pour assainir les pratiques du secteur, résume Alain Bazot. Elle demande ainsi à l’ACPR, gendarme de l’assurance, de s'assurer du respect par les plateformes des obligations légales en termes d’informations, de sanctionner les manquements persistants et de purger les clauses jugées abusives voire illégales utilisées par certaines plateformes dans les conditions générales d’utilisation de celles-ci. Mais pour aujourd’hui, le financement participatif est à l’honneur puisque se tient, en ce jour, la première édition des trophées du crowdlending qui récompense « les meilleures plateformes ». Il faut aussi faire remarquer que l'AMF et l'ACPR regardent de près cette activité après avoir élaboré un cadre réglementaire bien spécifique. L'appétit des particuliers pour le financement en direct dans les entreprises n'est, de toute façon, pas très développé en France en masse brute de capitaux, faible engouement qui a poussé la plateforme Alternativa à la cessation de paiement la semaine dernière.
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