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Les préjudices d’une cyberattaque mondiale pourraient atteindre 53 milliards de dollars
Le cabinet de modélisation de risques Cyence et le leader du marché britannique de l’assurance Llody’s of London ont conjointement publié une étude estimant les pertes économiques mondiales causées par une cyberattaque. En effet, les assureurs s’efforcent d’estimer leur exposition potentielle aux dommages dans le cadre de risques cybernétiques croissants. Il est vrai que depuis le début de l’année 2017, déjà deux cyberattaques majeures ont été lancées, « WannaCry » suivie rapidement par « GoldenEye » (ou Petya) faisant à elles seules plus de 500.000 victimes, parmi lesquelles Renault, la plus grande société pétrolière Russe Rosneft, ou encore le site nucléaire de Techernobyl où les travailleurs ont dû surveiller les rayonnements radioactifs manuellement à cause de l’attaque.
Dans le scénario hypothétique du rapport, les malfaiteurs insèrent un code malveillant dans le logiciel d’un fournisseur de services de cloud, qui entrerait en vigueur l’année suivante, déclenchant des collisions en chaîne. Les logiciels malveillants se propageraient entre les clients et les fournisseurs de services, entrainant de nombreuses pertes. En raison de la difficulté à calculer le coût financier réel d’une cyberattaque, les auteurs du rapport ont donné de larges marges à l’estimation, les pertes potentielles se situant entre 4,6 et 53 milliards de dollars. Pour mettre en perspective cette échelle, les experts comparent les dégâts financiers à ceux causés par l’ouragan Katrina (2005) et Sandy (2012) aux Etats-Unis. Dans le détail, le coût économique causé par la cyberattaque est la somme du manque à gagner des entreprises qui ne peuvent plus utiliser leur système informatique – parfois moyennant une rançon - auquel s’ajoute le coût de réparation des systèmes informatiques.
La directrice générale du Lloyds of London Inga Beale, a ainsi expliqué à Reuters que « parce que le cyber est virtuel, il est vraiment difficile de comprendre comment une cyberattaque pourrait faire boule de neige ». Pourtant, les « firewalls » des ordinateurs n’étant pas toujours activés, la propagation entre les ordinateurs peut-être très rapide et se répandre facilement sur tous les ordinateurs du réseau de l’entreprise concernée. A ce jour, deux indices prouvent la recrudescence des attaques à l'échelle mondiale : d’une part, l'avalanche de bulletins de sécurité ou des mises à jour proposés par Microsoft et d’autre part le taux de conversion du Bitcoin, la monnaie demandée par les racketteurs, qui explose.
Les auteurs du rapport estiment que sur les 53 milliards de dollars de pertes, seuls 8 milliards de dollars pourraient être couverts par les polices d’assurances soit un peu plus de 15% du total. En effet, l’étude estime que les entreprises sont sous-assurées face à ce risque pourtant croissant. Mais les assureurs sont-ils prêts à prendre en charge une telle perte ? La question peut se poser.
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