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Presse allemande : La BCE menacée par le burn-out

La crise de la dette demande aux banquiers de Francfort un travail de plus en plus important. L'ancien chancelier Helmut Schmidt met en garde contre l'apocalypse de l'euro et soutient Merkel.
"Les banquiers de la BCE menacés par le burn-out", prévient le Financial Times Deutschland ce mardi, selon des informations exclusives. Le quotidien explique : "pour maintenir l'union monétaire malgré la crise, la Banque centrale européenne doit travailler dur. C'est trop pour le personnel. Ils sont surchargés de travail et épuisés. Maintenant, les sauveteurs appellent à l'aide". Le FTD fait la liste de toutes les charges de la BCE et de ses 1500 collaborateurs : "En Espagne, les banques chancellent. En Italie, les assurances des emprunts d'Etat (CDS souverains, ndlr) sont tirés vers le haut. Dans toute l'Europe, les marchés monétaires s'assèchent. Et tous ces problèmes atterrissent à la Banque centrale européenne. Si l'Union monétaire est au bord du gouffre, elle doit intervenir : elle facilite l'accès des banques à des milliards de prêts, achète des valeurs mobilières des pays en crise et réduit ainsi les différences de taux". Du côté du Sueddeutsche Zeitung, on s'inquiète de la surchauffe de la "machine Europe". "La crise de l'Europe représente la menace d'une trop grande sollicitation : toujours plus de décisions, dans un temps toujours plus court, sont prises par toujours moins de personnes. Le législatif et l'exécutif se chevauchent. Mais l'encombrement de la machinerie politique de l'Europe ne doit pas rester tel quel. Sinon elle va s'effondrer". Le quotidien s'intéresse aux cercles vicieux qui minent l'Europe : celui de la crise, mais aussi du trio "responsabilité, démocratie et légitimité". S'appuyant sur le vote du MES au Parlement allemand, décidé au préalable à Bruxelles, le SZ élargit : "Les plus petits Etats de l'euro sont très dépendants du conclave exécutif de Bruxelles, leurs chefs d'Etat sont enchaînés aux travaux préparatoires des nations puissantes. Derrière cela se cache un problème colossal de légitimité des dirigeants politiques nationaux aux yeux de leurs citoyens, qui risquent de perdre confiance dans le système démocratique. Dans les colonnes du Handelsblatt, c'est l'ancien chancelier Helmut Schmidt (SPD), qui est cité, dans un article intitulé "mise en garde contre l'apocalypse de l'euro", et qui reprend un débat ayant eu lieu lundi soir à Berlin. "Un demi-siècle après le début de l'intégration européenne, on se trouve face à une crise profonde de presque toutes les institutions européennes", déclare Schmidt, devant un auditoire stupéfait. Son analyse de l'euro ne pouvait être plus accablante. Schmidt ne fait aucun mystère des personnes à qui il accorde ou non sa confiance dans la crise. Seule la chancelière obtient ses honneurs. En revanche, il critique sévèrement les juristes de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe et leur position contre l'euro. Au vu de la crise de la dette, 'la détermination et le sacrifice s'imposent d'urgence', a déclaré l'ancien chancelier. 'Cela s'applique certainement pour nous allemands et aussi pour la Cour constitutionnelle'".
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