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Clamadieu Superstar

Le chimiste belge Solvay, qui fête ses 150 ans cette année, ne s'est jamais aussi bien porté après l'intégration réussie et désormais finalisée de Rhodia. Tout cela sous la férule de Jean-Pierre Clamadieu.
Jean-Pierre Clamadieu, ancien patron de Rhodia et désormais CEO de Solvay après la fusion des deux groupes chimiques, a présenté hier la nouvelle organisation de l'ensemble ainsi constitué, sa nouvelle identité visuelle et ses ambitions pour les années à venir. Cela pourrait passer pour un non-évènement si l'on oubliait qu'il y a une dizaine d'années Rhodia était au fond du trou, et qu'à force de ténacité, Jean-Pierre Clamadieu a redressé cette ancienne division de Rhône-Poulenc, avant de l'adosser au belge Solvay dans des conditions financières très intéressantes pour les actionnaires français. Si bien qu'aujourd'hui, le nouveau groupe ainsi constitué figure parmi les dix premières entreprises mondiales de sa catégorie, avec un chiffre d'affaires de 13 milliards d'euros et 31.000 collaborateurs travaillant sur 110 sites industriels. Et notamment toujours de nombreuses implantations dans la vallée du Rhône, qui montrent que l'industrie lourde est toujours pratiquable en France. Avec cette réorganisation menée en l'espace de dix-huit mois, le nom de Rhodia disparaît de la circulation - sauf au Brésil, où il est très connu. Mais cet enterrement sans fleurs ni couronnes ne gêne personne tant le passé de cette entreprise, détachée de Rhône-Poulenc dans des conditions maladroites, n'a pas laissé que des bons souvenirs. Ce qui mérite d'être souligné en revanche, c'est l'action menée par Jean-Pierre Clamadieu, qui a repris les commandes de ce groupe à un moment où tout le monde le pensait condamné et où il était effectivement grevé de dettes. D'abord chaperonné par Yves-René Nanot, puis seul, il a redressé cette entreprise en la recentrant sur la chimie de spécialités et en profitant de la forte demande des pays émergents, à l'image de ce qu'un groupe comme Arkema a également réussi. Et bien que ce soit Solvay qui ait racheté Rhodia, c'est aujourd'hui Jean-Pierre Clamadieu qui se retrouve aux commandes de ce nouveau titan de la chimie. Avec une nouvelle organisation basée sur la décentralisation. Avec cinq segments opérationnels qui remplacent les trois anciens secteurs de Solvay (chimie, plastiques et Rhodia). Le changement le plus important réside dans l'intégration des PVC de Solvay et des polyamides de Rhodia dans le segment "Functional Polymer". En outre, Le vaste portefeuille de produits du groupe est réparti en 18 business units, intégrées chacune dans un des segments. Fort de cette vaste restructuration Jean-Pierre Clamadieu confirme les objectifs financiers du groupe, à savoir "une croissance à deux chiffres lors des cinq prochaines années". Solvay devrait ainsi afficher un résultat opérationnel de 3 milliards d'euros en 2016. Par ailleurs le groupe dispose encore d'un trésor de guerre de 2,4 milliards d'euros. Un argent qui rapporte peu et que la firme devrait utiliser, entre autres, pour réaliser de petites acquisitions. Tout cela explique pourquoi, en l'espace d'un an, l'action Solvay a progressé de 63 %, avec une capitalisation boursière qui tutoie les dix milliards d'euros.
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