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Climat et assurance : un coût supplémentaire de 44 milliards d’euros d’ici à 2040

Ce qui correspond à une hausse de 90% par rapport au montant des dégâts cumulés des 25 années précédentes, selon une étude de l’AFA. Dans un livre blanc, l’association fait notamment 23 propositions en vue d’intensifier les politiques publiques de prévention et de protection.
Parc Monsouris - Paris - RSE - arbre
Parc Monsouris - Paris - RSE - arbre

S’il y a bien une industrie qui peut tenter d'évaluer les risques liés aux changements climatiques pour ses clients et son business, c’est bien celle de l’assurance. Selon une étude publiée ce jeudi par l’AFA (Association Française de l’Assurance), le coût supplémentaire occasionné par les dégâts cumulés causés par les aléas naturels atteindra les 44 milliards (en euros constants) d'ici à 2040. Ce qui correspond à une hausse de 90% par rapport au montant des dégâts cumulés des 25 années précédentes. De 48 milliards d’euros sur la période 1988-2013, les aléas climatiques pourraient mener à une addition de 92 milliards d’euros d’ici à 25 ans. Mais les professionnels n’entendent pas rester les bras croisés face à cette catastrophe annoncée. C’est pourquoi ils ont publié parallèlement un livre blanc constitué de propositions très concrètes pour intensifier les politiques publiques de prévention et de protection.

Quels sont les facteurs à l'origine de ce surcoût ? L’enrichissement global de la France fait partie de la liste établie par les experts. La diversification du territoire en logements, entreprises ou encore en biens de collectivités augmente les conséquences d’un événement climatique. Par exemple, une croissance générale de 10% des richesses peut augmenter de 50 ou de 75% la vulnérabilité d’une commune dès lors que cette croissance s’effectue dans une zone vulnérable. Les professionnels estiment le coût global de ce facteur à 19 milliards d’euros. Second facteur : le changement climatique, avec notamment les effets des hausses de températures, qui pèsera quant à lui pour près de 13 milliards d’euros. Enfin, la répartition géographique des richesses et la variation naturelle du climat auront, pour leur part, des conséquences évaluées respectivement à 8 et 4 milliards d’euros.

« L’étude de l’AFA montre également que la hiérarchie des périls va évoluer. Ainsi les phénomènes de retrait-gonflement des sous-sols liés à la sécheresse, tout comme les phénomènes de submersion marine, apparaissent comme les périls présentant les plus fortes évolutions prévisibles en matière de fréquence et d’intensité. »

En tout, 23 propositions, relevant du bon sens, ont été publiées dans le livre blanc afin d'anticiper et de mieux maîtriser le risques. Il s’agirait, par exemple, de rendre obligatoires les diagnostics des sols lors de toutes constructions ou cessions de terrain construit ou constructible, situées sur une zone répertoriée à risques et annexer le diagnostic à l’acte notarié du terrain. Ou encore d’identifier les campings exposés à des risques de submersion et leur imposer, dans un délai raisonnable, l’élaboration de plans de sauvegarde en cas d’annonce de crue ou risque de submersion. « La prévention contre les aléas naturels est avant tout une affaire publique. S’il est vrai qu’elle fait appel à la responsabilité de chacun, elle doit être orchestrée collectivement », peut-on lire.

En outre, 11 propositions, basées sur des retours d’expérience, ont été rédigées afin de moderniser le régime des catastrophes naturelles. L’une d’entre elle vise à prolonger le délai maximal de déclaration des sinistres à la suite de catastrophes naturelles de 10 à 30 jours. « En cette année où la France accueille la COP21, ces publications constituent une contribution significative des assureurs français à la politique d’adaptation de notre pays au changement climatique », concluent Bernard Spitz, Président de la FFSA et Président de l'AFA et Pascal Demurger, Président du GEMA et Vice-président de l’AFA.

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