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Le compte à rebours est lancé pour le rachat de Morpho
Le compte à rebours est déclenché dans le dossier Morpho vendu par Safran puisque les 5 candidats devraient remettre leurs offres fermes ce vendredi, dead-line fixée par les vendeurs. Les postulants piaffent d’impatience depuis un bon moment déjà et mettent la dernière main à leurs propositions respectives. Sachant qu’après, Safran pourra prendre le temps qu’il veut pour décider du nom du vainqueur. Le dossier est clairement le plus regardé de cette rentrée.
Mais difficile de savoir qui l’emportera tant les dossiers sont différents avec d’indéniables points forts et points faibles. Sur le prix, déjà. Il semble que tous proposent un peu plus de 2 milliards d’euros pour emporter cette filiale de Safran spécialisée dans les activités de sécurité et de biométrie au chiffre d'affaires de 1,6 milliard d'euros. La différence se fera donc essentiellement au niveau du projet industriel de chacun et des assurances sociales et d’exécution.
Point sur lequel insiste tout particulièrement le tandem Oberthur/Advent qui a déjà beaucoup travaillé en amont avec les pouvoirs publics afin de voir comment sera préservé le siège social d’Issy-les-Moulineaux avec ses 500 salariés. Sujet on ne peut plus sensible en ce moment alors que le projet de fermeture du site belfortain d’Alstom ne cesse de faire couler de l’encre. Les promoteurs de cette offre mettent aussi en avant la complémentarité des deux groupes et l’inexistence corollaire de problème de position dominante. Et d’évoquer une probable mise en Bourse de Paris du nouvel ensemble ultérieurement, de manière à laisser la possibilité à Advent de sortir ou réduire sa participation après être entré chez Oberthur en 2011.
De son côté, le tandem Ardian/Bain met aussi en avant les assurances données à l’Etat concernant les effectifs et la pertinence du projet industriel sans aucun risque de doublon. Sachant qu’en outre, Morpho est largement implanté aux Etats-Unis, domaine de prédilection de Bain. Gemalto, lui, estime proposer l’émergence d’un champion français de la biométrie. Ce qui laisse aussi craindre quelques réticences de la part des organes anti-trust.
Quant à la collaboration de KKR avec le Français Jacques Veyrat associé à un grand nombre de "serial" entrepreneurs comme Xavier Niel, Marc Ladreit de Lacharrière, Bernard Arnault ou Albert Frère au sein d’Impala, elle se fait fort également de sauver le soldat Morpho sur le sol français. Reste enfin le tandem Astorg/CVC qui se dit prêt à mettre les fonds nécessaires au développement de ce fournisseur en biométrie du FBI et du ministère de l’Intérieur.
Cinq candidatures aux reins très solides qui devront plaire à la direction de Safran mais aussi et surtout aux pouvoirs publics assez échaudés actuellement par le tollé provoqué par les annonces d’Alstom. Pas facile donc de voir en l’un d’entre eux un dossier idéal. On a bien vu, dans de récents exemples et en l’occurrence dans le cas de l’aéroport de Toulouse, que la préférence ne va pas forcément vers les candidatures franco-françaises. Autre temps, autres mœurs ?
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