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La remontée du risque politique en Europe pèse sur l'euro
Hier, l’indice PMI Markit de la zone euro était annoncé à 54,1 pour le mois de novembre contre 53,3 en octobre. Il faut remonter à décembre 2015 pour voir un tel bond. Ce qui laisserait espérer un PIB de 0,4% pour le quatrième trimestre 2016 pour les pays de la zone euro. Une bonne nouvelle en soi. Mais rien n’y fait, l’euro poursuit sa baisse face au dollar. Aujourd’hui, il s’échange ainsi à 1,0558 dollar contre 1,1142 dollar le 7 novembre dernier. Les investisseurs considèrent comme acquis une hausse des taux directeurs de la Réserve Fédérale américaine le mois prochain, alors que d'autres craintes sont de plus en plus pressantes.
D’abord, la politique monétaire européenne ne suffit plus à relancer l’économie de la zone euro malgré les derniers chiffres encourageants, mais la BCE n’est pas la seule concernée. “Tout ne doit pas être laissé aux banques centrales, leurs politiques deviennent de moins en moins efficaces, analyse Marie-Anne Allier chez Amundi. Même le FMI appelle les gouvernements à faire plus de dépenses d’investissements et d'infrastructures. La BCE a elle-même rappelé que les pays européens avaient leur part à prendre dans les programmes de relance de l’économie à travers des dépenses structurelles.” D’ailleurs, la Commission européenne a décidé, la semaine dernière, de ne pas sanctionner les pays de l’Union ne respectant pas la règle selon laquelle les déficits publics ne doivent pas dépasser 3% du PIB. Du coup, la réduction de la dette devient moins une priorité...
Puis, il y a les chiffres venus de l’Allemagne. L’économie Outre-rhin a toussé pendant l’été. Ainsi son PIB n’a-t-il progressé que de 0,2% au cours du troisième trimestre. Ses produits et services se sont moins bien exportés, et ont privé Berlin de 0,3 point de croissance. Des chiffres qui contrastent avec ceux du début d’année où le PIB avançait de 0,7%. Si bien qu’en rythme annuel, la croissance allemande est passée de +1,9% à fin mars à +1,7% à fin septembre. Et le gouvernement Merkel table sur une croissance de 1,4% pour 2017 pour la locomotive de l’économie européenne.
Enfin, “les marchés ont beaucoup trop minimisé le risque politique, et à présent il y a une réévaluation de ce risque, dans le monde et notamment en Europe, où la fin de l’année 2016 et 2017 vont connaître des échéances un peu partout dans les pays européens, signale Eliezer Ben Zimra, gérant chez Edmond de Rothschild AM. C’est un risque majeur pour 2017 et nous l’avons intégré à nos portefeuilles”. L’Italie vote le 4 décembre prochain pour modifier le rôle du Sénat. Le même jour, l’Autriche revote pour se choisir un nouveau président de la république après l’annulation du second tour du 22 mai dernier. Plus tard, en septembre 2017, Angela Merkel brigue un quatrième mandat comme chancelière mais doit faire face à la montée des extrêmes. Et entre temps, la France se choisira un nouveau Président de la République et une nouvelle assemblée nationale.
Comme aux Etats-Unis, au Royaume-Uni avec le Brexit ou en Espagne avec les législatives, une surprise peut sortir des urnes pour chacun de ces scrutins. “Les investisseurs ont du mal à prévoir les réactions des électeurs, reconnaît Amundi. Dans les élections à venir, il sera compliqué d’écarter un scénario qui, a priori, ne semble pas le plus probable selon les sondages ou ce que les investisseurs aimeraient comme résultat final. Ces situations bien qu'improbables vont prendre plus de poids dans leurs scénarios. Pour autant, ni le Brexit, ni l’élection de Trump n’ont provoqué de catastrophes.”
De tous les pays où vont se dérouler des élections dans les prochaines semaines, c’est la France qui semble apporter le plus d’inquiétudes, même si l’Italie attire toutes les attentions à plus court terme. “Même si Marine Le Pen a une faible probabilité d’arriver, pour nombre d’observateurs européens et dans le monde, le prochain pays à choisir une vision beaucoup plus populiste, pourrait être la France”, rapporte Eliezer Ben Zimra. Ce qui laisse présager de belles tensions sur les marchés des changes. La remontée de l’euro face au dollar n’est pas pour demain. Ce qui pourrait finalement être un sacré coup de pouce pour la compétitivité des entreprises européennes.
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