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A New York, Marlène Schiappa en croisade pour l’égalité des salaires

Lors de la Women in Corporate Leadership Initiative au NYSE, Catherine Barba et Virginie Morgon ont échangé avec d’autres leaders sur la manière de promouvoir l’évolution des femmes dans l’entreprise. La secrétaire d’Etat de l’Egalité Hommes-Femmes avait fait le déplacement pour présenter ses initiatives.

Tenir une conférence dédiée au leadership corporate féminin à la Bourse de New York était hautement symbolique, alors que Wall Street fête tout juste les 50 ans de l’accès de la première femme au New York Stock Exchange, Muriel Siebert. La première édition de la Women in Corporate Leadership Initiative, organisée par les consulats français et canadiens - en partenariat avec l’Economic Club de New York et le cabinet de conseil Richard Attias – avait pour but de faire le point sur les avancées des deux pays et les défis à relever. Les statistiques sont incontestables : selon McKinsey, les sociétés qui comptent au moins une femme à leur board ou au comex ont des performances supérieures de 21% aux autres. Pourtant, les évolutions sont lentes : en France et en Italie qui ont passé des lois sur la parité, le nombre de femmes administratrices a grimpé de 24% et 17% respectivement entre 2012 et 2016, tandis qu’aux Etats-Unis, la progression n’a été que de…1%, selon le cabinet Egon Zehnder.

Interrogé sur le sujet par Catherine Barba, entrepreneuse de l’e-commerce et administratrice de Renault, Chuck Gray du cabinet Egon Zehnder a suggéré la piste de formation pour les femmes, trop souvent seules au sein des board, au rôle d’administrateur. « Lorsque les hommes sont administrateurs, ils n’ont pas besoin de training, mais si les femmes y accèdent, alors si », a rétorqué Virginie Morgon, elle-même administratrice indépendante de L’Oréal et Vivendi. Celle-ci a mis en avant les mesures de cross-mentoring, qu’Eurazeo a mises en place au sein de ses participations, afin d’aider les femmes à progresser dans l’entreprise. Dans le même panel, Katie Telford, directrice de cabinet du Premier ministre canadien Justin Trudeau, est le meilleur exemple d’une administration qui a atteint une parité totale, grâce à la volonté politique. Tandis que du côté des banques américaines, Mary Callahan Erdoes, CEO de la Gestion d’actifs et de fortune de JP Morgan, a fait valoir qu’elle employait 60% de femmes et que l’une d’entre elles – la directrice financière Marianne Lake – est une candidate potentielle à la succession de Jamie Dimon, ce qui serait une première pour une banque américaine.

Parmi les rares femmes CEO du S&P 500 – 27 à l’heure actuelle – Ginni Rometty d’IBM a failli laisser passer sa chance, comme le raconte son ami Terry Lundgren, chairman de Macy’s. Il relate comment le jour où on lui a proposé une promotion, elle a dit qu’elle allait réfléchir et en parler à son mari, qui lui a dit : « un homme n’aurait jamais hésité à ta place », l’incitant à prendre sa chance. A cet égard, certaines femmes ont un parcours si impressionnant qu’elles peuvent parfois paraître inatteignables pour la nouvelle génération. Ainsi Frank Demaille, CEO d’Engie North America, fait-il référence à Isabelle Kocher, CEO du groupe et mère de cinq enfants qui fait figure de Wonder Woman capable de gérer sur tous les fronts.

Faire sauter le plafond de verre est pourtant possible et commence par trois phases, plaide Maëlle Gavet, COO de Compass : prise de conscience, acceptation positive et engagement inclusif. Cette dernière encourage l’analyse de données et la transparence, la responsabilité et le feedback.

Par rapport aux Etats-Unis, la France fait certes figure de premier de la classe, avec les quotas en conseil d'administration et un congé maternité national. Mais cela ne suffit pas, et la transparence des différences de salaires est justement le cheval de bataille de Marlène Schiappa, la secrétaire d’Etat à l’Egalité hommes-femmes qui a fait le premier déplacement à New York de son mandat. « Pour rétablir l’égalité, la volonté politique est essentielle. La loi Copé-Zimmerman en est un exemple, mais aussi l’action du Président de la République pour présenter une parité totale de candidats de la République En Marche lors des dernières élections législatives », a-t-elle déclaré lors d’un entretien avec WanSquare. Et de citer un bon élève : « La transparence des salaires est une étape importante. L’Oréal confie par exemple l’analyse de toutes ses données RH à l’Ined, afin de mesurer les différences de salaires ». La semaine dernière, elle a ainsi annoncé une « task force » pour réduire les inégalités en matière de rémunération, qui associera public et privé en partenariat avec le Forum Economique Mondial de Davos et dont la France est le premier pays participant. Il y a urgence car : « En l’état actuel des choses, les inégalités hommes-femmes ne seront résorbées qu’en 2234 », conclut-elle.


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