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Des béquilles pour les cigales

ArcelorMittal et Veolia ont réussi leurs appels respectifs aux marchés pour lever des quasi fonds propres et réduire leur endettement dans de bonnes conditions.
On ne périt pas forcément par où l'on a péché. Montrés du doigt pour l'ampleur de leurs dettes liées à une croissance externe effrénée, prise à contrepied par la crise, ArcelorMittal et Veolia viennent de prouver qu'ils avaient encore de la ressource. Le premier sidérurgiste mondial vient ainsi de lever 3,08 milliards d'euros en actions (44%) et en obligations subordonnées obligatoirement convertibles (56%). Certes, le prix cassé de 12,83 euros par titre reflète une chute du cours de bourse de 13% en un an et 60% en trois ans. Mais, à ce prix les investisseurs se sont rués sur l'opération qui a dépassé de 15% l'objectif initial. Grâce à ce bol d'air, Lakshmi Mittal a de bonnes chances de gagner son pari de réduire l'endettement net du groupe de 17 milliards d'euros aujourd'hui à 13 milliards fin juin et d'être ainsi en meilleure forme pour attendre le redressement escompté du marché de l'acier. Plus modeste, Veolia n'est pas en reste. Le leader des services à l'environnement qui croule sous une dette de 15 milliards vient de lever 1,5 milliard de dette perpétuelle, assimilable à des fonds propres. La demande a été 6 fois supérieure à l'offre et les taux de 4,5% pour le milliard en euros et 4,87% pour les 500 millions en livres sont meilleurs que ceux obtenus par l'Etat espagnol dans son émission à dix ans d'aujourd'hui pourtant marquée par une nette détente. Les investisseurs qui ont été traumatisés par la crise de la zone euro font ainsi aujourd'hui davantage confiance aux grands groupes fragilisés mais offrant de bonnes perspectives de redressement. Notamment grâce à leurs plans drastiques d'assainissement financier et à la solidité de leurs positions sur les grands marchés mondiaux. Mais cette confiance relative se place surtout dans les titres offrant une sécurité obligataire ou tenant compte de la déroute boursière, parfois excessive, qui a laminé les détenteurs d'actions de ces entreprises. En tout état de cause, il y a encore une marge sur la voie du redressement et si les entreprises fortement endettées peuvent se targuer d'emprunter à bon compte, elles sont encore plus de 300 points de base au dessus du nirvana allemand.
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