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France : pas d'exportations, pas de croissance

Le principal facteur de croissance en zone euro pour 2013 viendra des exportations, selon S&P. Etant donné la faiblesse de sa compétitivité, la France risque de conserver un PIB nul cette année.
Tout n'est pas si noir en zone euro, malgré les soubresauts de la crise chypriote. Les cures d'austérité menées de front par la plupart des Etats du Sud depuis plus de deux ans leur ont permis de rééquilibrer leurs comptes courants, laissant penser aux marchés "qu'une reprise est possible", relève une note de Standard & Poor's. Ce qui explique en partie que les investisseurs n'ont pas réagi outre-mesure aux mauvaises nouvelles venues de Chypre et au nouveau risque de contagion. Car les PIIGS ont désormais nettoyé une partie de leurs bilans publics et sont donc jugés davantage capables de résister aux chocs économiques qu'il y a encore trois ans. Le rétablissement des comptes courants résulte en effet du désendettement simultané des Etats et des ménages ; le meilleur exemple est sans doute l'Espagne, dont le déficit courant atteignait 10% en 2007, 4,4% en 2010 pour s'établir finalement à 1,9% du PIB en 2012 grâce à un désendettement progressif des ménages et de l'Etat, minés par des emprunts immobiliers excessifs. Mais, note Jean-Michel Six, économiste en chef de S&P, le seul désendettement est défavorable à la croissance, qui devra donc être soutenue en contrepartie par la reprise des exportations en 2013. Une fois encore, l'Espagne fait figure de bon élève puisque sur la période 2011-2012, à partir de laquelle le gouvernement a commencé à mettre en place des mesures en faveur de la compétitivité. La croissance des exportations a contribué de 3 points à l'activité globale du pays. Et en 2012, pour la première fois depuis 1997, la part des exportations dans le PIB a dépassé celle des importations. Les performances du Portugal et de l'Irlande pour le rétablissement des exportations sont également très bonnes, souligne l'agence de notation. En revanche, celles de la France le sont beaucoup moins. Ainsi, entre 2007 et 2012, les exportations françaises ont grimpé de seulement 2,6%, contre 17,5% contre pour celles de l'Espagne. Certes, le maintien de la consommation des ménages français a permis d'éviter une récession trop importante, mais la balance commerciale du pays est de plus en plus mauvaise et inquiète les économistes de l'agence. Le repli de la compétitivité est le principal facteur de cette détérioration des exportations françaises : lors du dernier classement de la compétitivité établi par le Forum Economique de Davos en septembre dernier, la France n'est arrivée qu'à la 21ème place, soit le pire rang obtenu depuis trente ans. Les produits français ne représentent plus que 9,3% de la valeur totale des exportations en zone euro contre 12,7% en 2000. Enfin, la part de la France dans le marché mondial est désormais inférieure de 5 points à celle de l'Allemagne (8,4% pour l'Allemagne en 2011). "Le pays semble être à une jonction", poursuit S&P, avec l'annonce par le gouvernement Hollande de quelques mesures phares (accord sur la sécurisation du marché du travail, adoption du crédit impôt recherche). Mais celles-ci ne seront sans doute pas suffisantes pour rétablir les performances à l'extérieur du pays. "A moins que la croissance des exportations française ne reprenne de manière significative, la France risque de conserver une croissance nulle en 2013 et pour la majeure partie de 2014. Au vue des dernières évolutions, une reprise des exportations est peu vraisemblable selon nous", concluent les économistes de l'agence.
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