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Sur les marchés
La Bourse chinoise tangue encore, mais l'Europe s'accroche
Nouvelle journée chaotique sur les marchés chinois : l’indice composite de Shanghai a clôturé en baisse de 5% lundi soir, tandis que celui de Shenzhen décrochait de plus de 6,6%. Principales raisons évoquées par les observateurs de marché, la publication samedi d’indicateurs décevants, avec notamment les chiffres de l’inflation pour le mois de décembre, à 1,6% sur un an, soit un niveau bien en deçà des attentes des autorités chinoises, et un indice d’évolution des prix à la vente à la sortie d’usine (PPI) en recul pour le 46ème mois consécutif.
L’indice de Shanghai a déjà perdu 10% sur l’ensemble de la semaine dernière, et les autorités ont même dû stopper la cotation sur deux des cinq jours d’ouverture des marchés, en vertu d’un mécanisme « court circuit » destiné à éviter l’effondrement trop brutal des places boursières du pays. Le régulateur a finalement décidé de suspendre ce système jeudi soir, celui-ci ayant plutôt amplifié les mouvements à la baisse la semaine dernière.
Les places européennes semblent plutôt bien résister ce matin au nouveau coup de massue chinois, alors que l’ensemble d’entre elles avait tangué la semaine dernière. Ce matin, les principales Bourses du Vieux Continent ont ouvert dans le vert : à la mi-journée, le Dax s’échangeait en hausse de 0,88%, l’Ibex de 0,8%, l’indice italien était en hausse de 0,6% et le CAC en ^rogrès de 0,1%. Si la volatilité en Europe devrait continuer d’être forte, au gré de l’évolution des indices chinois, les marchés européens ont désormais intégré le ralentissement chinois, après le douloureux rappel de la semaine dernière. « Les Bourses n’auraient pas dû être surprises (ndlr.par l’effondrement des indices), le changement de modèle économique en Chine est connu depuis longtemps, mais peut-être ont-elles réalisé qu’il pourrait être plus brutal que prévu », déclarait Eric Bourguignon, directeur de la gestion taux et crédit chez Swiss Life, en fin de semaine dernière.
Mais selon les analystes d’Exane et de Fitch, c’est sans doute davantage la politique de gestion des changes en Chine, que le ralentissement économique du pays, qui pourrait faire tanguer les places boursières mondiales : selon Bei Xu, stratégiste chez Exane, le yuan s’est déprécié de plus de 4% depuis début novembre, en raison d’importants mouvements de retraits des capitaux. Ceux-ci ont atteint près de 900 milliards de dollars entre le deuxième et le troisième trimestre de l’an dernier, selon les calculs de Fitch et devraient excéder les 1000 milliards de dollars sur l’ensemble de 2015. Or le renminbi va continuer de se déprécier, l’épargne domestique étant abondante et les rendements des actifs diminuant constamment. Pour éviter un effondrement trop important de leur devise, les autorités ont pour l’instant puisé dans leurs réserves de changes, qui ont diminué de plus de 107,9 milliards de dollars en décembre dernier.
Mais la meilleure option pour faire revenir les investisseurs et empêcher une dépréciation du yuan serait un relèvement des taux d’intérêt. Selon les analystes de Fitch, les autorités du pays sont confrontées au dilemme suivant : maintenir leurs taux directeurs suffisamment bas pour permettre la poursuite du désendettement de leur économie ou les relever afin de ralentir le mouvement de fuite des capitaux et la dépréciation de la devise. « Un pays ne peut à la fois contrôler son taux de change, ses taux d’intérêt et laisser circuler librement les capitaux », estiment les analystes de Fitch. C’est là le principal défi auquel seront confrontées les autorités chinoises, et qui risque d’agiter les Bourses du pays dans les prochains mois.
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