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Air France-KLM : un fonds de pension américain à la rescousse

Après une chute libre du cours de Bourse de la compagnie aérienne depuis le début de la semaine, on apprend aujourd'hui que The Capital Group Compagnies a franchi le seuil de 5%. De quoi redonner un peu d'oxygène à un groupe en grande déconfiture depuis plusieurs mois.
Air France
Air France

Il ne fait pas toujours bon d’être actionnaire d’Air France-KLM. Si l’an passé la compagnie aérienne a figuré en tête des plus fortes hausses du SBF 120 au fil des avancées stratégiques et financières obtenues par Jean-Marc Janaillac, le titre est aujourd’hui largement massacré. A tel point qu’il perd 44% depuis le début de l’année, le carnage s’étant amplifié avec les premiers mouvements de grève de cette année. Du coup, le bilan est négatif aussi bien sur un que trois ans. Il faut remonter cinq ans en arrière pour retrouver une performance boursière positive de…2,8%.

C’est surtout l’annonce du départ de Jean-Marc Janaillac, désavoué par les salariés du groupe, qui a accéléré le mouvement. Lundi, la valeur a ainsi perdu plus de 12%. Mouvement qui n’est sûrement pas pour réjouir les deux nouveaux actionnaires à hauteur de 8,8%, l’américain Delta Airlines et le Chinois China Eastern Airlines, venus participer à une augmentation de capital réservée, avec à la clef des accords commerciaux.

Il faut dire qu’Air France-KLM rencontre actuellement des moments particulièrement difficiles. Devant l’intransigeance de plusieurs catégories de personnels dont celle des pilotes, la compagnie subit depuis de longues années et plus spécialement depuis quelques mois des arrêts de travail très dommageables pour l’entreprise. De surcroît, elle est depuis une semaine sans patron alors que les syndicats ont précisé qu’ils comptaient bien remettre au goût du jour leurs revendications dès qu’un nouveau numéro un sera trouvé. Pas de quoi convaincre des cadors d’affronter de telles perspectives ! D’autant que Jean-Marc Janaillac ne se prive pas aujourd’hui pour commenter ses derniers mois au sein de l’entreprise, la jugeant « ingouvernable ».

Alors comment expliquer le sursaut observé par le titre ce vendredi, celui-ci s’appréciant de 6,5% ? Après la descente aux enfers de ces derniers jours, sans doute certains investisseurs institutionnels ont-ils vu dans cette chute une opportunité d’achat. On apprenait d’ailleurs aujourd’hui, à la lecture d’un avis de l’AMF, que The Capital Group Companies, troisième plus gros fonds de pension américain, avait franchi le seuil de 5% pour détenir 5,26% du capital et 4,47% des droits de vote d'Air France-KLM au 8 mai. Ce franchissement de seuil résultant d'une acquisition d'actions sur le marché. De quoi faire passer la pilule après des chiffres de trafic assez médiocres, en baisse de 2,6% sur le mois d’avril.

Les prochains jours seront donc cruciaux pour la compagnie aérienne, qui attend maintenant de trouver la perle rare pour démêler des revendications salariales houleuses et remettre en selle une entreprise profondément perturbée. Interrogé sur le portrait-robot du successeur de Jean-Marc Janaillac, Bruno Le Maire a récemment indiqué qu’il souhaitait un haut responsable très au fait du secteur aéronautique pour pouvoir prendre en main rapidement tous les défis qui l’attendent. Un mouton à cinq pattes ?

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