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Telecom Italia : les choses se compliquent pour Vincent Bolloré

Le titre Telecom Italia subit une lourde correction en Bourse depuis plusieurs semaines. L'énergéticien transalpin Enel est en train de rebattre les cartes en matière de fibre optique alors que Vincent Bolloré a récemment déclaré officiellement qu'il ne comptait pas prendre le contrôle du groupe.
Telecom Italia
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Sale temps pour les actions européennes depuis un peu plus de quinze jours. Les opérateurs télécoms n’échappent pas à la règle et surtout pas Telecom Italia en repli appuyé depuis plusieurs jours. L’action perd en effet près de 13% sur la semaine (-5% sur la seule journée de ce mardi) et 36% depuis le début de l’année.

Evolution qui ne fait pas les affaires de Vincent Bolloré, Vivendi possédant à ce jour, 24,9% du capital du groupe italien. Il faut dire que Telecom Italia est confronté à une série de mauvaises nouvelles. Parmi celles-ci, la récente volonté de l’énergéticien transalpin, Enel de développer un réseau de télécommunications en fibre optique, un réseau tirant parti des installations électriques déjà en place. Enel souhaiterait, ensuite louer cette infrastructure à des opérateurs. Cet investissement estimé à 2,5 milliards d'euros serait susceptible de connecter 7,5 millions de foyers au très haut débit. Pour cela, Enel se devait de trouver un partenaire opérateur, ce qui semble être sur les rails puisqu’il est entré en négociations exclusives avec Metroweb en vue de mettre la main dessus, malgré l’offre concurrente présentée par Telecom Italia.

Du coup, face à ce pied de nez orchestré par l’Etat Italien, Telecom Italia a menacé de licencier 15.000 personnes, soit le tiers de ces effectifs. Nouvelle qui aurait d’ailleurs dû être appréciée par la Bourse. Mais rien n’y a fait, et le groupe continue de céder du terrain jour après jour.

De son côté, Vincent Bolloré a temporisé les ardeurs de ceux qui pensaient qu’une OPA sur l’opérateur italien était imminente : dans une récente interview accordée au Financial Times, il a notamment déclaré que Vivendi  disposait de tous les actifs nécessaires pour mener à bien sa stratégie et ne prévoyait pas de réaliser de grosses acquisitions. Et de marteler qu’il n’envisageait aucunement de prendre le contrôle de l’opérateur italien : "Nous sommes dans les télécoms, mais c'est une activité complémentaire à nos contenus. Nous ne voulons pas être un opérateur. Nous ne voulons pas, d'un point de vue industriel, gérer une entreprise de télécoms. Nous gérons des contenus, nous ne gérons pas Telecom Italia et nous ne la gérerons jamais", a-t-il ajouté. Dont acte ?

Ces propos n’excluent pourtant pas un partenariat avec une tierce personne qui pourrait, elle, gérer l’entreprise, main dans la main avec Vivendi. Schéma encore évoqué par Stéphane Richard, le patron d’Orange lors de sa récente assemblée générale des actionnaires et pour lequel il ne se dit pas fermé. Si le titre Telecom Italia continue de perdre du terrain comme il le fait ces derniers temps, l’investissement pourrait, en outre, être très intéressant pour un éventuel acquéreur. Sachant toutefois que la nouvelle donne concurrentielle italienne en matière de fibre optique risque d’amoindrir les perspectives de marge de la cible.

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