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SoLocal : j-1 avant l’AG de la dernière chance 

Les actionnaires sont appelés à voter le plan de restructuration demain mais certains d’entre eux continuent à s'opposer au plan proposé par l’entreprise. Les créanciers, quant à eux, font du forcing pour que le plan soit approuvé. Une guerre des nerfs qui n’en finit pas. Didier Calmels a attaqué aujourd'hui en référé le groupe pour annuler l'AG. Il a été débouté et condamné à payer 15 000 euros en remboursement des frais d'avocat. 
Jean-Pierre Remy - SoLocal
Jean-Pierre Remy - SoLocal

Les esprits s’échauffent à 24 heures de l’assemblée générale de SoLocal. Une AG qui sera encore une fois sous tension, et qui pourrait créer un nouveau précédent dans l’histoire des entreprises françaises. Les actionnaires devront en effet se prononcer sur le plan de restructuration financière présenté par la direction générale et par voie de conséquence sur le sort du groupe. Car, c’est le spectre d’un redressement judiciaire qui plane, en cas de rejet. C’est en tout cas ce discours que tiennent les créanciers, qui ont approuvé le plan il y a deux semaines. Dans un communiqué daté du 9 décembre, les créanciers menacent de mettre en place l’accélération du remboursement de la dette en cas de refus. Et ce, dès le 16 décembre. « Comme annoncé par le conseil d’administration du groupe, en cas de rejet de ce plan, la société n’entend pas représenter de nouveaux plans à ses actionnaires », rappellent les créanciers. C'est donc bel et bien le vote de la dernière chance.

Mais tous les actionnaires ne l’entendent pas ainsi. En tout cas, les frondeurs, Benjamin Jayet et Didier Calmels, qui font cause commune contre le plan concocté par l’entreprise. Pour rappel, Benjamin Jayet propose l’attribution d’actions gratuites alors que Didier Calmels propose une émission d’ORA pour éponger la dette de SoLocal. Ce dernier, qui a pris le relais de Benjamin Jayet dans la presse, considère que le plan n’est pas à l’avantage des actionnaires. Pour lui, les créanciers, ne peuvent pas être traités comme des créanciers au sens classique du terme, « vu qu’ils n’ont rien apporté à l’entreprise en échange de leur créance », estime-t-il. Il faut donc selon lui voter contre le plan proposé et ce d'autant plus qu'il ne croit pas au dépôt de bilan. Ce dernier, les actionnaires et les créanciers, ont donc encore le temps de se mettre autour d’une table pour négocier et trouver un accord susceptible de contenter tout le monde. Il demande par ailleurs des explications sur les rumeurs d'une éventuelle entrée au capital d'un investisseur, une fois le plan voté. « Le management de Solocal veut nous arracher un vote pour le plan de restructuration qu’il propose, en échange de la perspective d’un investisseur nouveau, dont on ne connaît ni le nom, ni le montant investi, ni les exigences de gouvernance, ni les conséquences pour les actionnaires historiques », estime Didier Calmels. « Si le management dispose d’une information privilégiée, nous demandons formellement qu’il la partage avec tous les actionnaires, pour prendre ensuite le temps qu’il faudra pour arriver, en assemblée générale, à une décision éclairée », exige-t-il. En bref, il réclame un report de l’AG et un surplus d’information. Il a ainsi saisi le juge de Nanterre en référé pour annuler la réunion prévue demain.

En fin de matinée, le groupe avait suspendu la cotation de son action. La raison ? Un référé demandé par Didier Calmels pour faire annuler l'assemblée générale sur le fait que les actionnaires ne disposaient pas d'assez d'informations. Nous apprenions en fin de journée que Didier Calmels avait été débouté de sa demande et condamné à payer 15 000 euros au titre de l'article 700, autrement dit, en remboursement des frais d'avocat de SoLocal.

Pour l'heure, SoLocal, qui a du mal à communiquer avec les frondeurs, n’a pas encore répondu à cette demande. La société a plutôt souhaité répondre à Benjamin Jayet qui, la semaine dernière, publiait les conclusions de l’expert indépendant Détroyat associés, montrant que son plan était bénéfique pour les actionnaires. SoLocal lui répond aujourd’hui en apportant les conclusions de son expert indépendant, Didier Kling & Associés sur la proposition de Benjamin Jayet. Aussi, sans remettre en cause le fait que l’offre de ce dernier est plus favorable aux actionnaires, l’expert conclut tout de même que « cela aurait toutefois pour conséquence de présenter le risque ne pas inciter un actionnaire à investir dans le capital de SoLocal ; rendre moins attractive la situation des créanciers avec un effort qu’ils devraient consentir (estimé dans une fourchette allant de 42 à 216 M€ selon les hypothèses de souscriptions) ». Pourtant, il est urgent que les choses avancent pour SoLocal, rappelle l’expert. Or, « les aménagements proposés par M. Benjamin Jayet dans son projet de résolutions nécessiteraient de rouvrir les discussions avec les créanciers », note l’expert, ce qui rallongerait d’autant la mise en place du plan de développement du groupe.

Demain est donc un jour important pour l’avenir du groupe SoLocal. Soit les actionnaires votent pour le plan et dans ce cas, un nouvel investisseur pourrait entrer au capital, et l’entreprise pourrait mettre en place son plan de développement. Soit les actionnaires votent contre le plan, et dans ce cas, c’est le saut dans le vide.

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