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La saison des mariages boursiers bat son plein

La plateforme boursière BATS et sa concurrente Direct Edge ont annoncé lundi leur fusion. Dans le contexte actuel de mondialisation et de baisse des échanges, les rapprochements semblent inévitables.
Les concurrents du Nyse et du Nasdaq n'envisagent pas de leur laisser un boulevard. BATS Global Markets -troisième opérateur de marché américain- a annoncé lundi vouloir fusionner avec son concurrent Direct Edge Holdings, confirmant ainsi des informations du Wall Street Journal. L'association des deux plateformes donnerait naissance au deuxième plus grand opérateur boursier US en termes de volumes d'échanges, derrière NYSE Euronext, avec 20,6% de part de marché, d'après les données de BATS. Ce rapprochement est encore un symptôme du ralentissement des échanges sur les bourses, qui obligent ces dernières à repenser leurs stratégies et à s'allier les unes aux autres pour rester dans la course. Cette annonce a suivi de quelques jours le bug qui a bloqué le Nasdaq pendant plus de trois heures jeudi. Une suspension des échanges sans précédent pour une plateforme américaine, qui montre les limites des systèmes informatiques et leurs répercussions sur le marché mondial. Et les bugs ne sont pas l'apanage du Nasdaq, puisque BATS et Direct Edge en ont également rapportés en début de mois. Pour ne rien arranger, BATS -qui gère l'une des plus importantes plateformes européennes et bourse d'options sur actions aux US- avait été elle-même forcée l'an passé d'annuler sa propre introduction en bourse à la suite d'un problème informatique. Une bonne nouvelle, telle qu'une belle alliance, n'est donc pas un luxe. Une nouvelle fusion mettrait également fin à la malédiction de ces dernières années, qui ont vu les rapprochements entre bourses capoter alors même que ceux-ci sont indispensables à la survie des opérateurs dans ce contexte concurrentiel exacerbé. Comme celui de Deutsche Börse et de NYSE Euronext, qui a été refusé par la Commission européenne début 2012. Peu de temps avant, c'est le département de la Justice américain qui a rejeté l'offre de rachat hostile du Nasdaq et d'IntercontinentalExchange sur NYSE Euronext, pour éviter de créer une situation de monopole. Le rachat de Sydney ASX par Singapore Exchange avait également été stoppé par le gouvernement australien. De son côté, Direct Edge, numéro quatre au pays de l'Oncle Sam, qui cherchait des acquéreurs l'an passé, a été en pourparlers avec le canadien TMX Group, opérateur de la bourse de Toronto. Mais les fiançailles actuelles semblent sous de meilleurs auspices. Les régulateurs sont en train d'approuver le rapprochement de 10,4 milliards de dollars entre ICE et Nyse Euronext. Le Hong Kong Exchanges & Clearing a accepté de payer 2,15 milliards de dollars pour s'offrir la bourse londonienne de métaux, le London Metal Exchange. De leur côté, BATS et Direct Edge vont devoir obtenir l'aval de la SEC et pourraient faire l'objet d'un examen par le département de la Justice, selon le WSJ. Les plateformes pourraient vendre au gendarme de la bourse leur projet de créer une alternative américaine à la domination de l'autre futur géant ICE/Nyse. BATS et Direct Edge sont toutes deux détenues par des consortiums de banques d'investissement et des sociétés de trading à haute fréquence, comme KCG Holdings, JPMorgan et Goldman Sachs. La semaine dernière des fonds de private equity, Spectrum Equity Investors et TA Associates Management, se sont offert 12% de BATS. Les deux firmes pourraient continuer à fonctionner via quatre plateformes ou changer pour un seul centre de données. Généralement, les bourses optent pour plusieurs plateformes, de manière à offrir plusieurs structures tarifaires et donc attirer une plus large gamme d'investisseurs. La transaction devrait être finalisée au premier semestre 2014.
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